L’étude de la demande de crédit : l’analyse de l’emprunteur

By 13 May 2011

La gestion du risque crédit au niveau individuel – Chapitre II :

Minimiser la probabilité de non-remboursement d’un prêt, telle est la finalité de tout dispositif de gestion du risque crédit au niveau individuel.

Dans ce cadre on distingue deux approches : Une approche qu’on peut qualifier de classique compte tenu des outils traditionnels sur lesquels elle se base pour apprécier le risque et une approche moderne, généré par le développement des techniques statistiques de modélisation.

Sur le plan opérationnel, l’approche classique demeure la plus répandue pour la clientèle des entreprises et des corporates alors que l’approche moderne prend de plus en plus de place dans l’appréciation du risque sur le marché de masse (des particuliers).

Le présent chapitre présentera les fondements de chaque approche ainsi que le processus de sa mise en place.

Section I : L’approche classique

L’approche classique est fondée sur la logique de l’analyse financière, sa démarche s’articule autour des trois phases du cycle de vie d’un crédit à savoir :
-L’instruction du dossier
-La prise de décision
-Le suivi des remboursements

I- Etude de la demande de crédit

L’étude des demandes de crédits, que ce soit pour la clientèle des entreprises ou la clientèle des particuliers,  a pour but d’apprécier le risque que présente le demandeur pour préparer la phase de prise de décision.

L’étude comporte deux phases :

– L’analyse de l’emprunteur
– L’analyse des besoins
– L’analyse de l’opération de crédit

1- L’analyse de la situation de l’emprunteur :

L’analyse financière de l’emprunteur et de ses besoins s’opère en deux étapes le diagnostic économique et le diagnostic financier.

a-    Le diagnostic économique :

Il s’agit de situer rapidement l’entreprise par rapport à son environnement socioéconomique interne et externe.

En interne, il porte sur l’analyse :
–   Des statuts,
–   Des actionnaires,
–   Des activités précises
–   De la taille (chiffre d’affaires, effectifs),
–   Des dirigeants (compétences, diplômes, famille, administrateurs),
–   Du personnel (compétences, diplômes, climat social)
–   Des produits (cycle de vie, prix …)

En externe il concerne :
–   La concurrence (positionnement),
–   Le secteur d’activité,
–   La clientèle
–   Les fournisseurs
–   Le cadre réglementaire.

La profondeur de l’analyse dans cette phase est différente et dépend de la nature du projet à financer puisque certains éléments sont parfois implicites

b- Le diagnostic Financier :[1]

L’analyse financière, en tant qu’outil d’appréciation du risque, à pour but d’évaluer la solvabilité actuelle et prévisionnelle de l’emprunteur. Ceci nécessairement par l’analyse de son activité, sa rentabilité, sa structure financière et sa trésorerie. L’analyse porte sur les flux financiers dans l’entreprise (les flux d’exploitation, les flux d’investissement, les Flux de trésorerie). Dans ce cadre deux approches sont préconisées : l’approche classique, qui s’appuie sur les documents comptables et sur une vision financière statique de l’entreprise, et l’approche par les flux, plus économique et plus dynamique, où les postes sont retraités de façon à approcher la réalité économique de l’entreprise.

b-1 Analyse de l’activité

Le but de cette analyse est de s’assurer de la pérennité de l’activité à travers l’appréciation de l’évolution historique et structurelle du chiffre d’affaire et de la marge dans le temps et dans l’espace par rapport au secteur.

Les principales conclusions sont :
-Croissance/ décroissance de l’activité
-Rapidité /lenteur de l’activité
-Saisonnalité / permanence de l’activité

b-2 : Analyse de la rentabilité

La rentabilité le l’entreprise ne se constate pas, elle se construit à partir des marges commerciales et de la qualité de la gestion. La rentabilité est suffisante si elle remplit les 5 fonctions suivantes : rembourser les dettes structurelles, renforcer les fonds propres, payer les dividendes et intérêts des comptes courants, doter les amortissements et provisions, développer et pérenniser l’entreprise. Il y a lieu de distinguer 3 catégories de rentabilité : la rentabilité commerciale, la rentabilité financière et la rentabilité économique.

La rentabilité commerciale peut s’apprécier par le rapport résultat net de l’exercice (ou par Excédent Brut d’Exploitation) sur le chiffre d’affaire.

La rentabilité économique, qui est appréciée par le rapport Excédent brut d’exploitation correspond au résultat normal de l’entreprise rapporté aux capitaux investis.

La rentabilité financière où on distingue deux catégories de rentabilités financières :
Au regard de l’entreprise ou du point de vue des actionnaires.

Etude de la demande de créditRésultat Net Dividendes distribués
Capitaux propres Capital social ou personnel.

b.3- Etude de la structure financière

L’étude de la structure financière s’effectue à travers l’analyse de l’équilibre financier l’endettement structurel et la solvabilité.
L’équilibre financier d’une entreprise est apprécié à partir des agrégats de structure :

Fond de Roulement :

Le fond de roulement est un concept financier peu sensible aux variations à court terme. Il est destiné à couvrir le Besoin en Fond de roulement Ainsi le bon niveau du FDR s’apprécie par rapport au BFDR, aux besoins et à la souplesse de trésorerie et aux frais financiers. Un FDR insuffisant limite la rentabilité de l’entreprise et peut nuire à sa solvabilité finale

– Besoin fond de roulement :

C’est un concept économique et opérationnel qui relate le poids du stock indispensable et la politique commerciale et l’organisation comptable (recouvrement) à travers les délais clients et les délais fournisseurs. Le financement du BDFR doit être structurel d’abord, ensuite il doit adapter à la croissance de l’entreprise et faire l’objet de crédits adaptés.

En effet, il se développe souvent plus que proportionnellement à la croissance du chiffre d’affaires.

– La trésorerie nette :

c’est la résultat de tous les cycles financiers de l’entreprise. La trésorerie nette à la date du bilan ne donne qu’une vision partielle de la situation de trésorerie. Ainsi son analyse doit-elle s’opérer par rapport aux autres grandeurs et d’une manière dynamique. Une entreprise saine doit avoir une trésorerie souple.

Au terme de l’analyse de ces 3 éléments (structure, activité, rentabilité), l’étude conduira à une conclusion global sur l’entreprise ce qui va conditionner la position bancaire quant au projet à financier.

Quatre situations se distinguent :

– Bonne affaire : Suivre, accroitre les concours
– Affaire moyenne : Se maintenir
– Situation difficile : se dégager progressivement
– Situation compromise : Limiter les dégâts

Il faut souligner que cette démarche d’analyse est entreprise surtout auprès de la clientèle des entreprises et des professionnels, rarement chez la clientèle des particuliers pour lesquels l’analyse de la situation financière se résume à l’appréciation.
-Niveau d’endettement
-Revenu et sa régularité
-La valeur des garanties proposées et leurs liquidités
Incidents de paiement ou de remboursement
Le comportement bancaire (domiciliation + mouvement)

Lire le mémoire complet ==> (Gestion du risque de crédit au Crédit Agricole)
Option : Economie et Gestion
Faculté des sciences Juridiques, Économiques et Sociales

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[1] -Najib ibn Abdelhalil (2001) , diagnostic financier de l’Entreprise, Edit consulting .