L’école Albert Camus : un lieu particulier

By 2 May 2011

3. L’école Albert Camus : un lieu particulier
a. Contexte de l’école Albert Camus

L’école Albert Camus, se trouve dans le centre-ville de Roubaix, une zone classée ZEP ; l’établissement est par ailleurs intégré au dispositif Réseau Ambition réussite (RAR).

L’école Albert Camus est installé dans un bâtiment à l’architecture novatrice et avenante, avec une façade de plantes, des pelouses au-dessous du restaurant scolaire et un terrain de basket sur le toit,  un mystérieux jardin des cinq sens.

Dans cet établissement, 120 élèves participent aux Classes à Horaires Aménagés Musique. A côté de ce dispositif musical, l’école accueille également un Centre Permanent du Goût qui a pour vocation de faire  bénéficier les élèves de séances d’animation. Ils y trouvent de quoi cuisiner, une vaste documentation pédagogique relative à l’alimentation, aux produits régionaux, aux labels…..

Le projet d’école de l’établissement brasse de nombreux domaines culturels : la musique bien sûr mais aussi le théâtre, l’art plastique, la danse, le cinéma, la photographie numérique et les nouvelles technologies.

b. Une ville ouvrière, un projet culturel ?
Roubaix est une ville avec un lourd contexte social. C’est une ville au passé ouvrier, avec une forte immigration, frappée par la désindustrialisation (notamment la disparition des industries textiles) et la déstructuration urbaine. Même si elle connaît bien des problèmes comparables à ceux de villes ou de quartiers de banlieue, ce n’est pas une ville de banlieue, elle a une histoire longue et bénéficie d’une forte mixité sociale.

Roubaix est une villeDepuis une quinzaine d’années, la ville de Roubaix semble avoir mis en œuvre un plan à long terme pour se redynamiser et échapper au sombre destin d’une ville transformé en banlieue livrée au chômage, à la délinquance.

Ce plan a vu notamment :

– l’implantation délocalisée d’une partie de l’université de Lille III, ainsi que l’ouverture d’autres écoles ;
– une rénovation de son centre ville ;
– l’inscription d’une large partie du centre ville dans le régime fiscal de Zone Franche Urbaine pour favoriser l’implantation d’entreprises, notamment dans les secteurs de la communication et des technologies Internet ;
– le développement de structures institutionnelles, éducatives et commerciales axées autour des arts appliqués et de la mode ;

Un des effets de cette politique a été d’amener dans la ville un nouveau publique, des personnes jeunes des métiers de la communication ou des arts appliqués, des « bobos » comme les ont baptisés les médias, attirés par les coûts immobiliers plus bas que la moyenne de la métropole lilloise, séduits par la politique culturelle et rassurés par l’action municipale.

Ce rapide panorama du contexte social urbain a au moins deux implications dans notre réflexion :
– tout d’abord, le projet culturel et social des CHAM s’inscrit en cohérence avec le projet urbain ;
– la nouvelle population roubaisienne est identifiée par le directeur de l’école, comme une part de ses usagers, ce qu’il appelle « les artistes ».

c. Un directeur impliqué
Le directeur de l’école Albert Camus est Monsieur Losfeld qui s’implique depuis longtemps dans des projets éducatifs et culturels. Le l’avais ainsi rencontré brièvement rencontré dans le cadre de mon activité d’intervenante culturelle « Ecole et Cinéma », dispositif auquel il participait en temps qu’enseignant, il y avait la réputation auprès des intervenants qui avaient travaillé directement avec lui, d’être très engagé et d’avoir des élèves particulièrement intéressants.
La Musique adoucit l’école

CHAM