L’approche systémique du contrôle de gestion

By 3 April 2011

Le contrôle de gestion: système de pilotage- Chapitre 1:

Selon l’approche classique, l’organisation est constituée à la fois par des systèmes technologiques ou de production, des systèmes d’information et des systèmes de pilotage et de gestion.

Le processus du contrôle de gestion s’effectue à l’intérieur d’une organisation orientée par une politique générale et agissant dans un environnement externe marqué par l’incertitude, la turbulence et la complexité.
Le système de contrôle de gestion peut –il être considéré comme un système de pilotage de l’entreprise ? c’est l’objet du présent chapitre.

I – Le contrôle de gestion en tant que système

1-  L’approche systémique:

A- Généralités sur les systèmes:

La théorie générale des systèmes se propose de représenter ou de modéliser l’ensemble auquel on s’intéresse sous la forme d’un système.
J.L. Lemoigne, dans son ouvrage: « les systèmes de décision dans les organisations », définit le système comme «  Un ensemble d’éléments identifiables et de leurs interrelations » (J.L. Lemoigne, 1974, p21-22).
« Un système est un ensemble d’éléments en interaction dynamique, organisé en fonction d’un but » (N. Guedj, 1991, p321).

a- Le système est un modèle global:

Un système est un modèle, une image qui se transforme souvent dans le temps. Comme toutes les autres théories, la théorie des systèmes a pour objet de représenter la réalité souvent abstraite et globale, incompréhensible à l’esprit humain et la présenter sous forme de modèle global plus compréhensible par le décideur.

b- Le système est un ensemble avec une frontière:

C’est un ensemble d’éléments et surtout de leurs interrelations (J. L. Lemoigne, 1974, p27).
En effet, l’identification des éléments, de leurs attributs et surtout de leurs interrelations constituent la phase la plus importante et la plus révélatrice pour l’analyse d’un système (J. L. Lemoigne,  1974, p27 – 28).

Le fait de recenser et d’identifier les éléments d’un système conduit par conséquent à l’identification de sa frontière.

c- Le système a des objectifs:

Délimiter les frontières d’un système c’est définir voir limiter ses objectifs. En effet, les frontières d’un système sont directement dépendantes des objectifs. On peut toujours parler de buts, de projets, de finalités, de priorités.
Il peut s’agir soit d’un seul objectif ou d’une pluralité d’objectifs. Les systèmes simples sont simples surtout parce qu’ils n’ont qu’un seul objectif. Par contre, les systèmes complexes ont plusieurs objectifs.

d- Le système a un environnement:

On ne peut définir des frontières et des objectifs d’un système que par rapport à un environnement.
L’environnement d’un système est l’ensemble des éléments n’appartenant pas au dit système et dont l’état est susceptible d’affecter ou d’être affecté par une de ses propriétés ou de ses évolutions vers les objectifs (J. L. Lemoigne, 1974, p30).

L’environnement est difficile à définir de façon précise et générale. Si l’ensemble des éléments de l’environnement est vide, on dit que le système est fermé. Sinon, il est ouvert.

e- Le système est un réseau d’interrelations:

Les interrelations entre les éléments du système peuvent être:
– de type poolé: plusieurs éléments se relient, sans priorités mutuelles, à l’un d’entre eux qui constitue le pool, émetteur ou récepteur, mais jamais simultanément.
–         De type séquentiel: un élément étant en relation avec un autre, duquel il ne reçoit rien en retour. On peut également parler de schéma arborescent: un élément transmet à plusieurs mais ne reçoit rien d’eux. Chacun d’eux à son tour (J. L. Lemoigne, 1974, p35).

f- Les flux dans les systèmes:

Les rapports ou transactions du système avec son environnement peuvent être modélisés sous la forme de flux. Ces derniers étant des variables entrants ou sortants dont on peut analyser les dépendances et les expliquer.
Les flux qui définissent le système et ses frontières sont appelés des variables de structure. Les variables d’activité sont constituées par les flux entrants et /ou sortants du système et par lesquels le rôle du dit système est identifié et ses performances mesurées ou évaluées (J. L. Lemoigne, 1974, p36-37).

g- Systèmes concrets et systèmes abstraits:

Pour  qu’un système soit dit concret, il faut et il suffit que deux au moins de ses éléments soient des objets (exemple: le système d’information). Par contre, un système abstrait est fait de concepts, et totalement défini par les hypothèses, axiomes et postulats de ses créateurs (J. L. Lemoigne, 1974, p30).

B- Représentation schématique d’un système:

Dans une organisation, toute activité est assurée par un système ouvert sur l’extérieur et comportant trois sous-systèmes: le système technique, le système de pilotage et le système d’information (H. Bouquin, 1986, p127).

Le modèle systémique de l’organisation:

Le modèle systémique de l’organisation

(source: N. Guedj, le contrôle de gestion: pour améliorer la performance de l’entreprise, 1991, p 325).
Le système des opérations ou système technologique ou encore système opérant fonctionne en transformant des flux d’entrées en flux de sorties. Cette transformation se fait en vue d’atteindre des objectifs fixés par le système de pilotage qui régule et contrôle le système des opérations en décidant de son comportement.
Le système d’information se trouve en interface entre le niveau décisionnel et le niveau opérationnel (N. Guedj, 1991, p324).

C- Les trois états d’un système:

L’état d’un système se définit en général par rapport au temps. Un état est la photographie (situation et interrelations des éléments) d’un système à un moment. Si la photographie est la même, à un moment différent, le système est alors dans le même état.

Ainsi, un système peut être statique, dynamique ou homéostatique selon les états qu’il prend en évoluant dans le temps.
–         Un système statique est un système qui ne connaît qu’un seul état dans lequel aucun événement n’intervient (exemple: table).
–         Un système dynamique (ou hétéro statique) est à l’inverse, un système qui peut connaître plusieurs états et au sein duquel un ou plusieurs événements interviennent pendant que son environnement reste statique (exemple: automobile).
–         Un système homéostatique est un système qui, globalement statique, mais placé dans un environnement dynamique et comprend des éléments eux-mêmes dynamiques (J. L. Lemoigne, 1974, p30-31).

Partie 1: le contrôle de gestion: pratique et contribution à la performance de l’entreprise

Lire le mémoire complet ==> (Le contrôle de gestion et la performance de l’entreprise)
Mémoire pour l’obtention d’une licence en sciences économiques et gestion

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