La gestion des coûts et le contrôle de gestion

By 6 April 2011

2-  La gestion  des coûts

A- Définition:

La gestion et la maîtrise des coûts a pour objet d’opérer des arbitrages rationnels quant à l’utilisation des ressources limitées. Le coût est alors à la base du calcul économique.

Ainsi, au fur et à mesure du développement de la taille de l’entreprise et face à la complexité des décisions à prendre, l’analyse des coûts est devenue multidimensionnelle.
Le coût est défini comme: « la somme des charges relatives à un élément défini au sein du réseau comptable » (N. Guedj, 1996, p132-136).

Le coût est alors un mode de traitement des charges défini par les trois caractéristiques suivantes:

  • Le champ d’application du calcul: un produit, un moyen d’exploitation;
  • Le contenu: les charges retenues en totalité ou en partie pour une période déterminée;
  • Le moment du calcul: antérieur (coût préétabli), ou à posteriori (coût constaté) à la période considérée.

Philippe LORINO définit le coût comme suit: « la mesure monétaire d’une consommation de ressources qui intervient également dans le cadre d’un processus destiné à fournir un résultat bien défini » (P. Lorino, 1997, p 496).

Champ d’application – contenu – moment du calcul
Champ d’application – contenu – moment du calcul
(source: N. Guedj, 1996, p 136).

Le calcul des coûts permet de quantifier les objectifs, de valoriser les moyens mis en œuvre et de donner une mesure synthétique ou analytique des résultats obtenus ou prévus.
Les coûts n’ont pas de réalité intrinsèque, mais offrent uniquement une représentation, une description du réel de manière simplifiée.

Ainsi, le coût d’un produit est « la somme des valeurs attribuées aux moyens mis en œuvre pour le produire » (P.L. Bescos, 1995, p210). Un produit étant un bien matériel, un service, une activité ou une fonction.

B- Typologie des coûts

Les différents types de coûts dépendent de la prise en compte des différents types de charges. On distingue alors entre:
– coût direct / coût indirect;
– coût fixe / coût variable;
– coût complet / coût partiel;
– coût réel / coût préétabli;
– coût moyen / coût marginal;
– coût caché / coût latent;
– etc.

C- Les méthodes d’analyse des coûts:

Divers méthodes ont été développées et utiliser pour l’analyse et la maîtrise des coûts dans les entreprises.

  • La méthode du coût variable:

Seuls les coûts variables sont considérés comme des coûts de produit. Les coûts fixes constituent des coûts de période.

  • La méthode du coût direct:

Seuls les coûts directs, variables ou fixes par rapport au produit, sont considérés comme des coûts de produit. Les coûts de période regroupent l’ensemble des coûts indirects par rapport aux produits.

  • La méthode du coût complet:

C’est une méthode qui permet de calculer le coût complet d’un produit au stade final. Elle considère l’ensemble des charges comme des coûts de produits. Il n’y a pas donc de coûts de période.

Cela soulève le problème de répartition des coûts indirects entre les produits.
–         La première solution consiste à prendre la totalité des charges indirectes et les imputer sur les produits en fonction d’un critère unique: méthode de l’affectation globale. Le critère de répartition peut être le coût direct de chaque produit; les charges indirectes commerciales sont réparties entre les produits au prorata de leur chiffre d’affaires respectifs;
–         La deuxième solution consiste à choisir un produit comme référence et exprimer toutes les autres productions en équivalent du produit de référence (méthode d’équivalence);
–         La troisième solution est la méthode des centres d’analyse qui suppose la mise en place d’une comptabilité analytique.

La méthode d’imputation rationnelle des charges fixes constitue une amélioration des coûts complets et consiste à incorporer dans les coûts la totalité des charges proportionnelles et la part de charges fixes calculées par rapport à un niveau d’activité préalablement défini comme normal.

seuil de rentabilitéLe principe de la méthode des coûts complets avec imputation rationnelle consiste à imputer au produit seulement la part des coûts fixes correspondants à un niveau normal d’activité préalablement défini. La différence entre les coûts fixes totaux et les coûts fixes affectés aux produits constitue un coût de période. La difficulté réside dans la définition même de l’activité normale (P.L. Bescos, 1995, p220-221).

  • La méthode des coûts partiels:

La base de la méthode des coûts partiels est le direct costing simple qui ne reprend dans les coûts de revient des produits que les charges variables propres aux produits. On distingue dans le direct costing:
–         Le direct costing simplifié ou coût variable;
–         Le direct costing évolué ou coût direct qui comprend des charges directes variables ou fixes.

La méthode du seuil de rentabilité ou point mort constitue un prolongement pratique du direct costing. Le seuil de rentabilité étant le chiffre d’affaire qu’il faut réaliser pour que la marge brute globale couvre au moins les charges fixes.

  • La méthode des coûts préétablis:

Les coûts peuvent être calculés de deux manières:
–         a posteriori sur des charges constatées (méthode des coûts réels)
–         a priori sur des charges prévues (méthode des coûts préétablis)

La méthode des coûts préétablis constitue un complément de toutes les méthodes d’analyse des coûts sur le plan prévisionnel. Elle permet d’établir des prévisions de charges (des budgets d’exploitation) et en constater les réalisations, mettre en évidence des écarts, les analyser et les expliquer
Coût réel = coût standard +(-) écart

  • La méthode des coûts à base d’activité (activity based analysis ou ABC):

Plus l’organisation est complexe et ses produits (ou marchés) diversifiés, plus le modèle traditionnel de gestion des coûts devient inefficace.

Ainsi, selon la structure de calcul des coûts traditionnelle, les produits consomment directement les ressources.
La nouvelle structure de calcul des coûts introduit la notion d’activité. Les produits consomment des activités qui, elles consomment des ressources.
La méthode des coûts à base d’activité (activity based analysis ou ABC)
(source: N. Guedj, 1996, p187).

Le principe de la gestion des coûts à base d’activités consiste à:
– Identifier pour chaque élément de dépenses le centre de responsabilité, la nature de la dépense et l’activité et ce simultanément et séparément
la dépense et l’activité et ce simultanément et séparément
(source: Ph. Lorino, 1997, p316).
–         Etendre l’analyse à l’ensemble des activités et non aux seules activités directes;
–         Considérer l’activité comme la base d’analyse la plus proche de la réalité physique;
–         Rapprocher les données de coûts par activité d’autres informations de pilotage par activité, plus physiques (qualité, temps, volume de production).

L’objectif étant de réaliser des performances pour chaque activité. Les activités de l’organisation sont évaluées par des indicateurs dont le niveau et l’évolution vont être comparés à des objectifs, des normes ou des résultats antérieurs.

Ces indicateurs sont identifiés dans le but de mesurer la réalisation des objectifs et de fournir des informations permettant la prise de décisions efficaces. La finalité est, bien évidement, de permettre à l’entreprise d’améliorer sa compétitivité. Ils peuvent concerner divers aspects: le volume, l’efficacité, l’efficience, la qualité, le coût, le délai, etc. (Ravignon L & al, 1996, p 287-289).

Les multiples méthodes envisagées pour calculer un coût posent le problème de leur choix. L’adéquation de la méthode à la prise de décision doit l’emporter sur la fiabilité ou l’exhaustivité.

Partie 1: le contrôle de gestion: pratique et contribution à la performance de l’entreprise
Chapitre 1: le contrôle de gestion: système de pilotage
II – Les outils du contrôle de gestion
1 – La comptabilité analytique

Lire le mémoire complet ==> (Le contrôle de gestion et la performance de l’entreprise)
Mémoire pour l’obtention d’une licence en sciences économiques et gestion