L’allaitement maternel – Définitions de concept

By 19 April 2011

L’allaitement maternel – Définitions de concept

Définitions des concepts :

L’allaitement maternel :

Allaitement : les définitions sont variées, selon les sources, l’allaitement est défini comme « action d’allaiter », « nourrir de lait, de son lait » (Larosse) ; « donner du lait au sein » (Encyclopeadia Universalis) ; « alimentation en lait du nourrisson jusqu’au sevrage » (Robert) ou encore «alimentation d’un enfant par le lait » selon Littré.

Relevons également le sens imagé d’allaiter : « fournir à l’âme et à l’esprit de quoi se développer » (Dictionnaire de la langue française du XIXème et du XXème siècle).
Pour préciser le terme, nous utilisons la locution « allaitement maternel » qui précise la nature du lait. Par restriction, l’usage la défini comme alimentation avec du lait maternel au sein.

Il est intéressant de noter que les anglo-saxons disent : breastfeeding ou breast-feeding (littéralement nourrir au sein) et non mother’s breastfeeding ; Les allemands ; stillen (étancher, apaiser, assouvir) ; les espagnols : lactancia con materna/biberon/mixta.
L’allaitement maternel suppose un allaitement non maternel : allaitement mercenaire (par une nourrice rétribuée) ou allaitement artificiel (alimentation par des substituts de lait maternel).

Les définitions de l’allaitement maternel retrouvées dans la littérature sont assez proches.
allaitement maternel Les différences portent essentiellement sur la terminologie et le statut des vitamines et des médicaments. L’OMS distingue l’allaitement exclusif, l’allaitement prédominant et l’allaitement partiel en définissant dans le premier cas l’allaitement maternel sans remettre en question ce statut en cas de prise de médicaments, de vitamines et d’oligo-éléments, dans le deuxième cas le lait maternel plus de l’eau, du thé, des infusions, des jus de fruits et dans le troisième cas l’allaitement maternel associé à une alimentation artificielle (substituts de lait maternel).

Kramer et Kakuma [Kramer MS, Kakuma R. Optimal duration of exclusive breastfeeding (Cochrane Review). In: The Cochrane Library, Issue 1. Oxford: Update Software; 2002.] dans la revue de littérature concernant la durée optimale de l’allaitement maternel exclusif rapportent que peu d’études intègrent strictement la définition de l’allaitement exclusif de l’OMS. Pour la majorité d’entre elles l’allaitement exclusif inclut le don d’eau, de thé ou de jus de fruits, ce qui correspond à la définition de l’allaitement prédominant [World Health Organization. Indicators for assessing breastfeeding practices. Reprinted report of an informal meeting 11-12 june 1991. Geneva: WHO; 1991.]

Les définitions de l’ Interagency Group for Action on Breastfeeding (IGAB) avaient pour objectif de proposer un cadre de référence et de normalisation de la terminologie en vue du recueil et de l’analyse des données des études scientifiques. Tout comme l’OMS, cet organisme établit une distinction entre allaitement complet et allaitement partiel, mais subdivise allaitement complet en allaitement exclusif et allaitement presque exclusif et propose une distinction entre 3 niveaux d’allaitement partiel faisant appel à une quantification des apports. Enfin, il reconnaît l’existence d’un allaitement purement symbolique (irrégulier et minimal) ayant une incidence nutritionnelle insignifiante voire inexistante [Labbok M, Krasovec K. Toward consistency in breastfeeding definitions. Stud Fam Plann 1990; 21(4):226-30.]

L’IGAB (Interagency Group for Action on Breastfeeding) classe la prise de vitamines, médicaments, liquides ou solides traditionnellement utilisés dans la population concernée dans « l’allaitement presque exclusif » à condition que ce soit occasionnel et en quantité « symbolique » (sans précision) et l’exclut de l’allaitement exclusif.

Seule la définition de l’OMS fait référence aux modalités d’allaitement, c’est-à-dire la participation active du bébé (le fait de téter au sein) par opposition à la réception passive (par l’intermédiaire d’une tasse, d’une cuillère, d’un biberon ou d’une sonde nasogastrique) du lait maternel exprimé. Bien que la réception du lait maternel exprimé par l’intermédiaire d’un biberon ne soit pas un allaitement au sein, l’OMS considère la réception passive du lait maternel exprimé comme un allaitement exclusif ou prédominant.

Lire le mémoire complet ==> (Facteurs de l’abandon de l’allaitement maternel)
Mémoire de fin d’études pour l’obtention du diplôme d’Etat – Infirmiers polyvalents
Ministère de la santé – Maroc – IFCS Beni Mellal

Sommaire :

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Le projet d’allaitement maternel en France – les limites de l’étude