Les coopératives et mutualités marocaines

By 27 April 2011

Les coopératives et mutualités marocaines:
2-    1. Les coopératives
Le secteur coopératif est la composante essentielle de l’économie sociale et représente un très grand potentiel qui peut contribuer effectivement au développement économique et social.

a. Tissu coopératif
Partie intégrante de tissu économique national, le secteur coopératif occupe une place de choix dans la politique de développement économique et social.
Le Maroc a connu une augmentation du nombre des coopératives et unions des coopératives, qui est passé de 4.498 en 2003 à 4827 en 31/12/2004 (dont 30 unions) soit un accroissement de 7% (1).
Cette progression se fait d’avantage ressentir au niveau de secteur de l’agriculture qui enregistre actuellement 3039 coopératives, soit une augmentation de l’ordre de 8% par rapport à 2003, suivi du secteur de l’artisanat et le secteur de l’habitat.

Structurellement, l’implantation des coopératives s’est développée essentiellement dans 3 secteurs importants: l’agriculture, l’artisanat et l’habitat qui accueille 93% de l’ensemble des coopératives sur le plan national, quant aux autres secteurs, ils ne drainent que 7% des coopératives existantes.
Les coopératives agricoles se répartissent en 30 branches d’activité avec un poids notable des coopératives laitières (transformation et collecte) qui comptent 1.034 coopératives et unions des coopératives soit 34% de total des coopératives agricoles suivies des coopératives d’élevage 20%, des coopératives d’approvisionnement 13%, des coopératives apicoles 11%, des coopératives d’utilisation du matériel agricole en commun 6%. Pour les autres branches d’activités, le pourcentage est inférieur à 3%.

Les coopératives artisanales se répartissent en 39 branches d’activités: le textile-tapis réunit 74 coopératives soit 13% de l’ensemble des coopératives artisanales, suivi des coopératives de broderie 9%, bois-menuiserie 8% et bâtiment- gros- œuvres 7%(2).

L’analyse de la répartition géographique du secteur coopératif, permet de relever que 51% des coopératives sont concentrées dans les régions suivantes: Sous- massa – Darâa (11,12%), Doukkala- Abda 11%, l’oriental 10%, Meknes –Tafilalt 9,69% et Rabat-Salé-Zemmour-Zaîr 9,40%.
Par ailleurs, le nombre d’adhérents dans les divers organismes coopératif en 2004 a atteint 317.289 adhérents représentant ainsi un peu moins de 1% de l’effectif total de la population et un peu moins de 3%de la population active.
Si l’on analyse cet effectif selon les secteurs, l’agriculture occupe la première place, suivi de l’habitat et de l’artisanat.
Sur le plan financier, le capital total des organismes coopératives a atteint 5,8 milliards de dirhams, soit une moyenne de 1,2 milliards de dirhams par coopératives.

b. Caractéristiques des mouvements coopératifs
–  Coopératives de femmes
Le nombre des coopératives, composées exclusivement de femmes, s’élève à 376 coopératives soit 8% du total des coopératives existantes regroupent 10.618 adhérents soit une moyenne de 28 femmes par coopérative.

Ces coopératives sont créés essentiellement dans le secteur de l’agriculture 61% et de l’artisanat 36%. Ces coopératives se trouvent principalement implantées dans les régions de: Sous-Massa-Draâ 19%, Méknes-Tafilalt 17%, Marrakeche-Tansift-Al Haouz 9,30%, Tanger-Tetouan 8,51% et Doukkala-Abda 8,24%.

–  Coopératives de jeunes
Quant au nombre des coopératives de jeunes, il d’élève à 230 coopératives soit 5% de l’ensemble des coopératives existantes, regroupant ainsi 2.506 adhérents. Ces coopératives sont créés essentiellement dans le secteur de l’agriculture 63%, de l’artisanat 15%, de la forêt 9%, et du transport 7%(3).

2-2. Mutualités marocaines
Après l’indépendance, le Maroc a connu une nouvelle orientation dans le domaine de la protection sociale, en effet les premières sociétés de secours mutuels destinées au marocains ont vu le jour, cette période a connu également la création des mutualités destinées aux employés du secteur industriel telles que la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale, la Caisse Mutuelle Interprofessionnelle Marocaine, la Mutuelle Complémentaire de Régie des Tabacs, la Mutuelle de Prévoyance et d’Action de la RAM.

coopérativesConformément au dahir n° 1-57-187 du 12 novembre 1963 les associations ou groupement de toute nature peuvent se constituer en société mutualiste, ayant pour but de mener dans l’intérêt de leurs membres ou de leurs familles une action de prévoyance de solidarité et d’entraide tendant à la couverture des risques pouvant atteindre la personne humaine en contre partie des cotisations versées par les membres et à but non lucratif, c’est le cas par exemple de la mutuelle générale du personnel des administrations publiques au Maroc (MGPAM)(4).
Par ailleurs, le dahir de 12 novembre 1963 constitue le cadre juridique réglementent les mutualités, ce secteur reste un secteur privé oeuvrant dans le   domaine de la santé et en contre partie des cotisations prélevées sur les salaires de ses membres, il vise à porter aide aux travailleurs du secteur privé et aux fonctionnaires de l’Etat.

Certes, le secteur mutualiste comme tous les secteurs sociaux a connu une période de stagnation durant la phase d’application de la politique d’ajustement structurel, par conséquent le taux de couverture sanitaire demeurait très faible alors que la population marocaine augmente, ce qui a créé une situation de déséquilibre social, car les mutualités ne couvraient qu’une partie de la population et des secteurs limités.

La mutualité marocaine est loin de répondre à toutes les aspirations des différentes couches sociales marocaines notamment les classes sociales à revenu faible, et les secteurs d’activités traditionnelles tels que l’agriculture et l’artisanat.

Par ailleurs, si dans le passé, l’existence des formes et des réseaux traditionnels de solidarité au Maroc comme en France était certaine, les causes de l’apparition des mutuelles sur leur forme moderne diffèrent d’un pays à l’autre, ainsi si en France la naissance des mutualistes est le résultat d’une longue histoire et d’ont les formes solidaires traditionnelles ont été la base du mouvement mutualiste, il n’en est pas de même au Maroc où une rupture a été faite entre les réseaux solidaires traditionnels locaux et le régime mutualiste moderne introduit par les autorités de protectorat.

Lire le mémoire complet ==> (L’Economie Sociale au Maroc)
TFE en Economie & Gestion
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(1): sources: Annuaires statistiques 2005 des coopératives et unions des coopératives publiées par l’ODCO (office de développement de la coopération)
(2): source: Annuaire statistique des coopératives et unions des coopératives publiées par l’office de développement de la coopération Edition 2005.
(3):Annuaire statistique des coopératives et union des coopérative Edition 2005.
(4): Mémoire de licence « Economie sociale: secteur associatif et mutualiste, 2000-2001, Faculté des science juridiques, économiques et sociales Meknés.