La mondialisation financière : Définition et caractéristiques

By 20 March 2011

Les mutations financières -Chapitre I:
Les années 80 et 90 ont été le siège d’un profond bouleversement de la finance internationale.

Le recyclage des pétrodollars dans les années 70 et la rupture du système monétaire de Bretton Woods avaient déjà conduit à un accroissement de la mobilité des capitaux. Le progrès technique, les innovations financières, et les mouvements de déréglementation se sont conjugués à partir des années 80 pour rendre les capitaux beaucoup plus mobiles, alimentant ainsi la composante financière de la mondialisation[1]. Les vagues de privatisation, dans les pays développés et dans les pays en développement, ont aussi créé des incitations à la mobilité des capitaux.

Section I: visage de la mondialisation financière

Paragraphe1 : Définition, caractéristiques et conséquences:

La globalisation financière ou mondialisation financière désigne la constitution d’un marché mondial intégré des capitaux. Ce volet financier de la mondialisation comporte trois dimensions: géographique [mobilité des capitaux d’un pays à un autre], fonctionnelle [le marché de capitaux était compartimenté: marché monétaire , marché boursier , etc.] et temporelle [les marchés fonctionnent aujourd’hui 24/24 H et en temps réel.

Les flux financiers forment le secteur le plus bouleversé par l’interopérabilité mondiale et les technologies de l’information d’où leur rôle important dans les phénomènes de mondialisation en général.

1- Origine de la mondialisation financière :

La mondialisation financière a commencé à la fin du XIXème siècle, vers 1870, avec un pic atteint en 1913, un effondrement puis une reprise à la fin de la première guerre mondiale pour atteinte un nouveau pic jusqu’en 1929. Cette première phase est caractérisée par des investissements de capitaux sur du long terme [plusieurs années]. Dans cette optique où la finance coopère avec le capital, l’investissement peut générer un gain mutuel, pour l’investisseur et pour l’entrepreneur, avec un bénéfice réel sur la croissance.

La fin du système de Bretton Woods en 1971 et le passage à un système de changes flottants en 1973 marquent une reprise de la mondialisation financière. La crise de 1973 marque le début d’une conversion progressive au libéralisme. Les taux d’intérêt sont ensuite libéralisés dans les années 1980. Puis la mondialisation financière connaît une phase explosive depuis 1990 [date de la libéralisation des mouvements des capitaux en Europe]. Cette seconde phase est caractérisée par la prépondérance des mouvements de capitaux à très court terme. En 2005, l’économie financière représente 46 fois l’économie réelle. La rentabilisation du capital se fait au détriment de la montée du chômage, l’augmentation des dividendes aux actionnaires se fait au détriment des investissements.

Dans cette optique où la finance devient totalement autonome, la libéralisation des mouvements de capitaux majore fortement le risque de bulles financières et de crises financières [sans parler des pratiques de blanchiment d’argent ou d’évasion fiscale]. Le Système monétaire européen a connu une crise en 1992/1993, le Mexique en 1995, puis il y a eu la crise asiatique en 1997/1998 avec son extension en Amérique latine et en Russie La libéralisation financière est un très bon indice prédictif de crise financière.

2- caractéristiques de la globalisation financière :

La mondialisation financièreAprès la Seconde Guerre mondiale les marchés financiers étaient réglementés nationalement et cloisonnés. Sous l’influence des différents acteurs mais aussi du FMI et de la Banque mondiale [consensus de Washington ] les marchés ont subi une triple évolution dite « les trois D »: déréglementation [abolition des contrôles des changes et des restrictions aux mouvements de capitaux], désintermédiation ou accès direct des opérateurs aux marchés financiers sans passer par des intermédiaires et décloisonnement [éclatement des compartiments qui existaient]. À partir de la fin des années 1970 un marché intégré des capitaux s’est peu à peu mis en place à l’échelle mondiale.

Au-delà des aspects géographiques c’est donc une nouvelle logique financière qui s’est instaurée, c’est pourquoi les spécialistes parlent plutôt de « globalisation » financière que simplement de mondialisation. On peut dire qu’aujourd’hui une sphère financière globalisée existe eu sein de l’économie mondiale .

La mondialisation introduit une explosion sans précédent dans l’histoire des flux financiers à l’échelle du monde, qui est engendrée en grande partie par les facilités d’échanges informatiques sur la Toile.

La globalisation financière a favorisé le financement des entreprises et celui des balances des paiements. En supprimant les obstacles à la circulation du capital elle a donné une impulsion sans précédent aux marchés financiers. Force est cependant de constater que les vrais gagnants au jeu de la finance internationale moderne sont surtout les firmes multinationales, les Trésors publics, les établissements de crédit et les investisseurs institutionnels.

3- Conséquences de la mondialisation financière :

3-1 Développement des marchés

La globalisation financière a favorisé le financement des entreprises et celui des balances des paiements. En supprimant les obstacles à la circulation des capitaux elle a donné une impulsion sans précédent aux marchés financiers.

Traitées et diffusées à l’échelle mondiale, les informations financières créent des spéculations et une forte volatilité des capitaux. Elles apportent une fluidité des investissements en fonction des perspectives économiques, mais leurs effets sont parfois considérés comme devenus incontrôlables par le système bancaire et le système financier international.

3-2 Déconnexion entre finance et production

Il s’agit ici du phénomène de financiarisation qui n’a que des liens indirects avec la mondialisation financière.

Les nouveaux acteurs de la finance en général, et par contrecoup ceux de la finance internationale en particulier, recherchent la liquidité et la rentabilité financière à court terme, alors que les entreprises ont besoin de financements durables.

Les investisseurs financiers de portefeuille à but dit spéculatif ont supplanté les investissements directs à but industriel et commercial dans les mouvements internationaux de capitaux.

Certains voient une relation entre la mondialisation et l’instabilité financière [risque systémique]. Certaines des innovations financières ont pour objectif de protéger les agents économiques contre l’instabilité des taux d’intérêt et des taux de change.

Mais ces nouveaux instruments financiers pourraient être eux-mêmes facteurs d’instabilité. Les marchés à terme atteignent une ampleur et une complexité telles qu’ils apparaissent incontrôlables. Des excès dans leur utilisation ont joué un rôle dans certaines faillites récentes et crises financières.

3-3 Manque de transparence

Certains magistrats ont lancé des appels pour dénoncer “l’existence de comptes non publiés de clients occultes”, dans les chambres de compensation internationales telles que Clearstream , ce qu’ils ont appelé les « boîtes noires » de la mondialisation financière. D’où l’enchérissement du ratio McDonought issu du comité de Bâle II qui définit dans l’un de ses piliers l’exigence de la transparence de l’information des banques à l’agent qui désire savoir [communication financière…]

Lire le mémoire complet ==> (La banque au Maroc face aux défis De la mondialisation financière)
Université Moulay Ismail – Meknès
Faculté de Sciences Juridiques, Economiques et Sociales
Mémoire de fin d’études – Option: Finance

Introduction:
Chapitre I: les mutations financières.
Section 1: Visage de la mondialisation financière.
Section 2: Les mutations d’ordre national.
Chapitre II : Le comportement des grandes banques au Maroc face au nouveau monde financier.
Section 1: Aperçus sur les grandes banques au Maroc
Section 2: Présentation des trois grandes banques au Maroc
Chapitre III:
Section 1: Les adaptations structurelles.
Section 2: Les adaptations fonctionnelles.
Conclusion:
Bibliographie: