Le concept de compétitivité : l’approche moderne

By 24 March 2011

L’approche moderne du concept de compétitivité – Paragraphe 2

L’économie mondiale connaît des transformations considérable à tous les niveaux, ces changement rendent inévitable l’évolution du cadre théorique et méthodologique de l’analyse de la compétitivité.

A)- Le cadre d’analyse: l’économie contemporaine changeante

Un cadre d’analyse adéquat est, en fait, en mesure d’intégrer les différents mutations, et donc élargir la capacité d’explication et d’appréhension du processus de la compétition contemporaine.

Les changements en question peuvent être regroupés en trois grandes catégories, compte tenu de leur impact sur l’approche de la compétitivité.

D’abord, les mutations qu’a connues la concurrence, tout au long du vingtième siècle surtout, et qui ont fait de la concurrence pure et parfaite « une sorte d’état idéal » irréalisable. Le caractère de plus en plus imparfait de la concurrence (protectionnisme, barrière à l’entrée…) associé à la mondialisation, croissante des marchés et des processus de production et de commercialisation, rendent, en effet la théorie traditionnelle de la concurrence peu opérationnelle.

Ensuite, le rôle de la technologie et de l’innovation en tant que facteurs de compétitivité (voir plus loin) trouvent exclues dans les approches traditionnelles, et les entraves qui empêchent leur diffusions et leur transfert (Brevets, protection, ….) font de sorte que les entités économique (entreprises et nations) ne soient pas placées sur le même pied d’égalité en matière de compétitivité.

Enfin, le rôle accru de la monnaie, et surtout « le flottement accentue des monnaies depuis 1973 a profondément transformé la nature de la compétitivité par les prix. Aujourd’hui, l’avantage comparatif et la compétitivité sont totalement dissociés.

B)- L’aspect dynamique de la compétitivité

L’approche que nous qualifions de moderne est celle issue, des travaux de recherche, de l’école française de l’économie industrielle, et essentiellement ceux des chercheurs de l’E.R.F.I.

Du fait du caractère statique et non contingent; des acceptions de la notion de compétitivité de l’approche classique, les chercheurs d’E.R.F.I. ont le mérite de présenter des travaux qui aident à comprendre et à mieux expliquer ou du moins, de mettre en évidence le caractère dynamique, multidimensionnel et relatif de la notion de compétitivité.

Ceci se concrétise dans la définition de A.C Martinet qui pour lui la compétitivité est «l’aptitude à soutenir durablement la concurrence. L‘entreprise compétitive possède donc, un ensemble de capacités qui l’autorisent, selon le cas, à entrer se maintenir ou de se développer dans un champ concurrentiel constitué par l’ensemble des forces traversant son environnement et susceptibles d’opposer à (ou entrer en lutte avec) ses objectifs, ses projets ses opérations »([1]).

En effet, cette notion de capacité ou d’aptitude va servir comme le point de départ à toutes les approches récentes de la notion de compétitivité

** Quelques précision :

Nous adoptons la définition de la compétitivité de A.C Martinet pour notre recherche. Toutefois, si on opte pour cette définition c’est-à-dire la compétitivité est « l’aptitude a soutenir durablement la concurrence on opte à l’évidence pour un concept dynamique et relatif: une entreprise n’est ni définitivement ni universellement compétitive: elle l’est, à un instant donné, par rapport à un environnement donné, il est donc possible de distinguer trois notions:

* Un état de compétitivité
* Un potentiel en capacité compétitive
* Un processus de mise en compétitivité

** « un état de compétitivité »: concernant la position relative de l’entreprise dans son environnement actuel d’une manière instantanée,

** «Un potentiel en capacité de compétitivité » traduisant l’aptitude de l’entreprise à atteindre à plus ou moins long terme certains états de compétitivité seuils (seuils au-dessus desquels la survie ne serait pas garantie) différents de l’état actuel parce que dans des environnements différents.

** « Un processus de mise en compétitivité »: c’est l’ensemble des changements opérés dans le système de gestion pendant une période donnée DT, traduisant ce passage d’un état de compétitivité (ET) à un autre état de compétitivité (ET + DT).

Cette conception dynamique nous conduit aux réflexions suivantes :
La recherche de la compétitivité est un processus adaptatif à deux niveau :

– Un premier niveau constituant la Boucle mineur d’adaptation, la composante finalisation du système de gestion est considérée comme déterminée: les choix stratégiques (produit, marchés, voir technologie) sont en partie fixés, la recherche de compétitivité sur un horizon de coût et moyen terme s’effectue essentiellement par une action sur les La compétitivité: de quoi parle-t-on?composantes animations et organisations au niveau des opérations courantes aux étages inférieurs ou intermédiaires de l’organisation. C’est la quête d’un état « local » de compétitivité à l’intérieur d’un espace de commande limité par des contraintes générales provisoirement considérées comme fixes. La compétitivité est liée par le moyen d’une optimisation dans une logique de l’efficience;

– Un second niveau constituant la boucle majeure d’adaptation où il s’agit de maintenir et de développer une capacité compétitive par des actions sur les trois composantes du système de gestion (finalisation, animation, organisation); les conditions d’insertion dans le système technologique et dans le système productif sont considérés comme variables, la recherche de la compétitivité implique une action à nous les étages de l’organisation ( et particulièrement aux niveaux élevés) sur un horizon de long terme, c’est la quête d’un Etat « général » de compétitivité à l’intérieur d’un espace de commande élargie dans une logique de créativité et d’innovation…

C)- La nouvelle approche de la compétitivité :

L’apparition d’une nouvelle approche de la compétitivité, intègre, en plus des conditions d’offre déjà mises en avant par les approches traditionnelles, les conditions relatives à la demande, et donc au marché. Ces nouvelles théories appréhendant la compétitivité en tant que capacité de gérer la relation produit-marché.

Par ailleurs, l’importance de plus en plus confirmée de la technologie de la diffusion, de l’innovation… dans les échanges internationaux fait de cette technologie, un facteur pris en compte par toute approche de la compétitivité.

Þ Maîtriser la relation produit-marché:
Avec la mondialisation des marchés, l’uniformisation des valeurs et les poussées de l’innovation et de la différenciation, la compétitivité – prix n’est plus suffisante à elle seule pour expliquer les performance des entreprises et des nations. La lutte sur les marchés à pris, en effet, des formes nouvelles et multiples pour qualifier la nouvelle compétitivité, on parle souvent de compétitivité « structurelle » ou de compétitivité « hors prix ».

Désormais, elle se fait en terme de qualité, de différenciation, d’innovation, de maîtrise du temps, etc.…

L’enjeu principal pour les entités performantes est dès lors la maîtrise de la relation produit-marché. Il ne suffit plus aujourd’hui de produire pour vendre, mais de produire pour un marché, ou segment de marché cible.

La maîtrise et la gestion de la relation produit-marché passe avant tout par « l’adéquation des produits offerts aux goûts des consommateur ». Une telle adéquation requiert une flexibilité et une capacité d’adaptation considérables.

Conclusion de la section II :

La compétitivité est alors fonction de la capacité de l’entité économique en question à proposer des produits nouveaux est différenciés, la contrainte que représentait la compétitivité – prix peut dans ces conditions, être dépassée, par l’innovation, et la différenciation qui en découle. Mais ce phénomène reste l’un des causes a la fois des difficultés qui assaillent les firmes et qui trop souvent, les condamnent à périr, amis aussi de leur réussite et de leur prospérité.

Après la présentation des fondements théoriques de la compétitivité, il est maintenant question de voir ses déterminants.

Section 2: Le concept de compétitivité : quels fondements théoriques ?
Chapitre I: La compétitivité
La première partie: Qualité et compétitivité de l’entreprise marocaine

Lire le mémoire complet ==> (La qualité comme facteur de compétitivité dans l’entreprise, Cas: Secteur Textile-Habillement)
Mémoire de fin d’études – Option: Economie & Gestion
Faculté de Sciences Juridiques, Economiques et Sociales
______________________________________
[1] -A.C. Martinet « coûts industriels et entreprise compétitive » in colloque IAF Lyon, édition économica 1984 p 11