L’approche traditionnelle du concept de compétitivité

By 24 March 2011

Le concept de compétitivité: quels fondements théoriques ? – Section 2
Le concept de compétitivité, est relativement récent dans la littérature économie. En effet, les théories traditionnelles (théorie classique et néo-classique) appréhendaient la compétitivité en terme de concurrence, et plus précisément d’avantage comparatif.

Le concept de compétitivité n’était donc pas totalement dissocié de celui de l’avantage comparatif([1]). Il s’agissait, en fait, d’une analyse essentiellement axée sur l’échange international et ses déterminants.

Les évolutions considérables intervenues surtout au cours de la seconde moitié du siècle, relatives aux formes nouvelles de concurrence est une transformation dans la nature de la compétitivité et donc l’émergence du concept de compétitivité en tant qu’entité méthodologique et analytique distincte.

Paragraphe 1: L’approche traditionnelle du concept de compétitivité
Dans cette approche, il est possible de distinguer deux types de définitions;
-Les définitions basées sur les coûts de production:
-Les définitions basée sur la part du marché.

A)- Définition basées sur les coûts de production:
la réduction des coûts s’avère un élément pertinent pour les partisans de ces définitions pour définir le concept de compétitivité. Cette catégorie de définitions peut être illustrée par deux définitions.

La première est celle proposée par A.Bienaymé qui définit la compétitivité pour un produit donné, comme «l”aptitude à l”offrir sur le marché à un prix inférieur ou égale à celui des concurrents effectifs ou potentiels, mais suffisant pour rémunérer les facteurs nécessaires (travail, capital, produits primaires et semi-finis) et dégager une marge Bénéficiaire supérieure ou égale à ses concurrents».

Pour les auteurs du Boston consulting Group (B.C.G) la compétitivité d’une entreprise se ramène à son aptitude à avoir: «les coûts les plus bas, c’est-à-dire celle (entreprise) qui su parvenir à l”utilisation des facteurs les plus efficaces pour des coûts de facteur équivalents». Ces deux définitions présentent l’inconvénient d’être restrictives. En effet, elles prennent le coût de revient comme étant le seul facteur de la compétitivité . Cet élément n’est pas le seul, il peut même ne pas être le plus important dans certains cas particuliers. A côté du coût de revient, il faut tenir compte de l’aptitude de l’entreprise à offrir des produits différenciés. A ce niveau, la qualité du produit, par exemple, joue un rôle essentiel dans la compétitivité de l’entreprise .

B)- Définition basées sur la part de marché:
Un certain nombre de chercheurs font de la part de marché la clé de voûte de leur définition. Parmi les définitions de cette seconde catégorie celles de R.COURBIS et C.A Michelet sont illustratrices.

Pour le premier, «La compétitivité des producteurs se mesure par leur plus ou moins grande aptitude à avoir une part élevée de marché» quant au second «est compétitif, l’agent qui défend et surtout accroît sa part de marché».

Ces définition présentent l’avantage d’être plus larges et plus riches que celles de la première catégorie dans la mesure où tous les facteurs qui concourent, directement ou indirectement à l’amélioration; à la dégradation de la compétitivité de d’entreprise ont une incidence sur la part de marché de celle-ci. Mais; au delà de cet avantage, ce type de définition pose le problème de la mesure de la part de marché.

Contrairement aux apparences, sa mesures est délicate. En plus, la part de marché est souvent considérée, à la fois, comme facteur de compétitivité et mesure de celle ci.

C)-Vers un dépassement de l’approche classique:
L’approche traditionnelle est critiquable au moins de trois points de vu:

  • ØSa conception de la compétitivité est une conception «Ex-POST» et non «EX ANTE»;
  • ØDans cette approche, la compétitivité est perçue d’un point de vue limité et instantané et non pas globale et durable;
  • ØElle a une conception universelle mais non pas contingente.

1)-compétitivité EX-POST:
L’approche classique examine la compétitivité en terme de constats et tend à privilégier des variables quantitatives, censées, exprimer souvent en statistique puis rarement en dynamique, l’état compétitivité de l’objet observé. Elle cherche, tout simplement à mettre en relation des indicateurs de performance (commerciale ou financière) et certains facteurs: niveau des coûts industriels, part de marché et la qualité relatives des produits, de façon unidimensionnelle comme le Boston consulting Group (B.C.G).

Toutefois, le gestionnaire, qu’il soit théoricien ou praticien est confronté à un problème bien différent qui l’amène à s’interroger «EX.ANTE» sur la capacité compétitivité de l’entreprise.

2)-Compétitivité limité et instantanée:
L’approche classique a une conception restrictive de la notion de compétitivité qui s’exprime et se mesure instantanément sur les marchés par les produits vendus de façon profitable et matérialise les aptitudes concrétisées de l‘entreprise à être «meilleurs» que ses concurrent effectifs.

concept de compétitivitéEn se sens, l’entreprise compétitive est bien celle qui domine son territoire, ou qui possède une part de marché suffisante par rapport au champ concurrentiel. Les capacités spécifiques (prix, qualité, délais, marge) sur lesquelles elle s’est appuyée sont favorablement sanctionnées par la demande solvable.

Toutefois, le manager devrait être préoccupé par la compétitivité dans son sens large en prenant en considération l’entreprise dans sa globalité et dans son environnement total et en fonction du temps.

D’où un changement qui devrait être d’une compétitivité limité» et instantané à la compétitivité globale et durable.

Cette conception globale et durable devrait comprendre, en premier lieu, les processus dynamiques de montée en compétitivité et solliciter dès lors, divers secteurs fonctionnels de l’entreprise et les différents systèmes, de management, cela nécessite d’une part:
** Optimisation de la production et production de la qualité
** Activation des moyens de Marketing
** Gestion des ressources humaines.

D’autre part:
** Analyse de l’environnement, choix de filières et décisions stratégiques;
** Systèmes d’information et d’organisation;
** Procédures de planification et de contrôle.

En second lieu, cette conception globale et durable ne peut se ramener à l’efficacité du système technico-économique de production –vente, mais elle est aussi conditionnée par le fonctionnement et le dysfonctionnement de la structure sociale.

Donc, cette approche déborde largement les concurrents effectifs sur le marché pour englober l’ensemble des forces concurrentielles dans l’industrie ou les industries d’appartenance de l’entreprise. Dans cette perspective, la compétitivité n’est pas l’apanage, tous simplement des gestionnaires, mais interroge aussi les responsables de la politique industrielle.

3)-La compétitivité universelle:
L’ensemble des remarques précédentes nous conduit à accueillir, les propositions désireuses d’accréditer l’idée selon laquelle quelques facteurs simples et facilement identifiables détermineraient la compétitivité.

Au slogan du BCG «l”entreprise compétitive est celle qui a les coûts les plus bas» semblent se substituer des mots d’ordre de type «La maîtrise de la variable technologique est la clé de la compétitivité».

Ces propositions ne sont ni justes ni fausses, elles sont irréfutables en l’état car il sur manque les conditions de validité:

* Il est primordiale de relativiser la proposition du B.C.G s’il est vrai que dans un domaine d’activité stratégique (D.A.S) donné. L’entreprise qui a les coûts les plus bas possède un avantage compétitif, il est non moins manifeste que l’importance des niveaux des coûts varie considérablement selon la stratégie et le segment choisi;

* Quant à la Maîtrise technologique, elle n’est pas en tout temps et en tout lieu une recette de compétitivité, c’est à dire que les facteur clés de succès, ou plutôt les processus compétitifs ne sont pas données. Ils sont à déterminer selon les cas et l’état de divers paramètres. «Dire que les facteurs de compétitivité sont largement à déterminer ne signifie pas qu’on ne puisse y parvenir, mais peut être pour se faire avons-nous d’avantage créer des méthodes que les listes de facteurs»([2])
Chapitre I: La compétitivité
La première partie: Qualité et compétitivité de l’entreprise marocaine

Lire le mémoire complet ==> (La qualité comme facteur de compétitivité dans l’entreprise, Cas: Secteur Textile-Habillement)
Mémoire de fin d’études – Option: Economie & Gestion
Faculté de Sciences Juridiques, Economiques et Sociales
_____________________________________
[1] -G.LAFAY:«avantage comparatif et compétitivité problème économique, n° 2023 du 6/5/87, p.6 .
[2] -A.C. Martinet: «sciences de gestion et compétitivité de l’entreprise». in colloque I.A.E, Lyon; édition Economica 1984; p: 11.