Trajectoire économique et financière de Niger avant la crise

By 17 February 2011

L’impact de la crise économique sur le Niger – Section 2 :

Bien que le Niger ne soit pas encore sur la voie pour atteindre les objectifs du millénaire pour le développement (OMD), le Niger a réalisé d’importants progrès au cours de la décennie précédente, construisant les fondements pour une forte croissance et la réduction de la pauvreté.

Cette perspective plus optimiste est maintenant contrecarrée par des facteurs échappant au contrôle du pays, la crise financière de 2007 est l’un de ces facteurs. Et pendant qu’on s’inquiétait de son impact direct sur le Niger, ce dernier subit une grave crise alimentaire

I- Trajectoire économique et financière avant la crise

1. Contexte économique

L’économie nigérienne repose avant tout sur l’agriculture et tire la plupart de ses revenus de l’exportation de l’uranium. Elle dépend largement de l’aide bilatérale et internationale pour ses dépenses de fonctionnement et les investissements publics. En effet le Niger bénéficie de prêts importants de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI), notamment au titre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance et de l’initiative en faveur des pays pauvres lourdement endettés. C’est ainsi qu’il espérait améliorer sa performance économique avec un taux de croissance attendu de 5,5 % pour l’année 2008 grâce aux résultats jugés prometteurs de la campagne agricole en 2007, ainsi que les grands projets miniers et pétroliers du pays.

En ce qui concerne l’agriculture, le premier secteur d’activités au Niger, représentant 40% du PIB et mobilisant 91 % de la population, des nombreuses mesures ont été mises en place. Notamment, en accord avec sa stratégie de réduction de la pauvreté, adoptée 2002, le Niger a ciblé trois objectifs :

  • concilier la préservation des ressources tout en intensifiant les productions agricoles, forestières et pastorales ;
  • rechercher une plus grande stabilité des marchés intérieur et régional ;
  • et renforcer les capacités professionnelles des producteurs ruraux nigériens, incluant la promotion du commerce équitable.

Mais tout cela n’empêche que le pays est importateur net du produit alimentaire, à cause de sa situation géographique et climatique. Or l’inflation annuelle sur les prix des biens alimentaires est restée trop élevée, atteignant un taux de 20.5% dans les années 2005, ce qui a occasionné une crise alimentaire en cette année. Cela devrait changer en 2009, grâce à la bonne récolte de 2008 et la chute de la pression inflationniste sur les cours mondiaux des aliments et de l’énergie.

Concernant les ressources naturelles, Les plus importantes sont l’or, le fer, le charbon, l’uranium et le pétrole. En effet le Niger détient les plus importantes réserves d’uranium du monde, dans la région d’Arlit, qui représentent 72 % des recettes liées à l’exportation. Ainsi avec la révision à la hausse de 50% du prix de son uranium en 2008, le gouvernement nigérien a signé le 5 janvier 2009 un accord avec Areva pour l’exploitation d’un nouveau gisement d’Imouraren, dans le nord du pays, qui fera de lui le deuxième producteur mondial d’uranium.

Outre un producteur d’uranium, le Niger est devenu un pays pétrolier. Le contrat, signé avec les chinois (China National Oil and Gas Exploration and Développent Corporation, NDLR) est en cours d’exécution. Les premiers barils seront remplis avant fin 2010, au rythme de 20 000 par jour pour commencer. Ceci renoue encore l’espoir pour une croissance économique et financière.

2. Le système financier nigérien

La trajectoire financière du Niger dépend d’une part de celle du groupement régional dans lequel elle s’est inscrit (l’UEMOA composé des pays francophones de l’Afrique de l’ouest).

Cependant au plan régional, le système financier s’est amélioré grâce à une politique des taux d’intérêt pratiquée par la banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest. Elle a favorisé alors l’expansion des activités de crédit dans la zone UEMOA. Ce qui permet aux ménages de cette zone d’emprunter à un coût très bas auprès des établissements de crédits, principalement les banques commerciales.

UEMOA  pays francophones de l’Afrique de l’ouestReste que le taux de bancarisation dans l’espace UEMOA est très faible, compris entre 3 et 7%, alors qu’il avoisine 99% dans certains pays développés et entre 50 ou 60% dans les pays du Maghreb. Les banques se sont implantées en majorité dans les grandes villes et s’intéressent principalement aux entreprises et filiales des sociétés étrangères. On estime en 2006, un guichet pour près de 103.448 habitants couvrant une superficie de 5029 km2 contre, un guichet pour 116.000 habitants pour 5917 km2, il ya sept ans en arrière.

D’autre part, sur le plan national, le système a aussi connu une amélioration. En effet depuis les années 2000, le Niger s’est engagé dans un vaste projet de relance du secteur bancaire. Le principal objectif de ce projet consiste à:

  • améliorer l’efficacité, la portée et la hauteur du système financier, afin qu’il puisse jouer son rôle capital qui consiste à contribuer à la croissance et à la réduction de la pauvreté.
  • apporter un appui technique au programme global d’ajustement du secteur financier du Gouvernement à travers six composantes :

• le renforcement de l’environnement dans lequel les institutions financières opèrent ;
• la restructuration du secteur bancaire ;
• le développement de l’intermédiation financière de proximité (relative à la micro finance et aux services financiers postaux) ;
• la réforme de la sécurité sociale ;
• le renforcement des capacités,
• et la gestion de projets de financement des banques commerciales.

Ainsi, en l’espace de cinq ans, l’économie du Niger a renoué avec des taux de croissance positifs. D’ailleurs, l’exercice 2008 s’est terminé avec un taux de croissance de 9,5%, soit un des plus fort taux de croissance, dans le continent dans un contexte de triple : crise alimentaire, énergétique et financière.

Chapitre IV : Impact sur l’économie des pays en voie de développement

Lire le mémoire complet ==> (La crise financière et les défaillances réglementaires)