Le système financier: la finance directe et indirecte

By 11 February 2011

Fonctionnement et organisation du système financier – Chapitre I :

Le système financier est complexe ; il inclut différents types d’institutions financières du secteur privé en particulier les banques, les compagnies d’assurance, les fonds communs de placements, les sociétés financières et les banques d’affaires, tous  strictement réglementés par les pouvoirs publics.

Section 1 : Vue d’ensemble du système financier

I- Typologie de financement

Le système financier est un ensemble d’institutions et d’instruments permettant de mettre en relation, d’une part des agents à capacité de financement, et d’autre part ceux à besoin de financement. De ce fait ce système permet une amélioration de l’efficacité de l’allocation des ressources au sein de l’économie qui améliore le bien être et, en général, l’investissement et donc la croissance. Ainsi un agent qui ne peut financer intégralement ses dépenses à partir de ses ressources propres, c’est-à-dire par autofinancement (financement interne), doit avoir recoure à un financement externe. Deux possibilités s’offre alors à lui : financement directe et financement indirecte.

SYSTEME FINANCIER VUE D’ENSEMBLE

SYSTEME FINANCIER VUE D’ENSEMBLE

1. Finance directe

La finance directe fait référence à un marché, organisé ou non, dans lequel les agents à capacité de financement (prêteur) rencontrent directement ceux à besoin de financement (emprunteur) en leur achetant des titres. Les titres sont des droits sur le revenu futur.

2. Finance indirecte

La finance indirecte ou finance intermédiée passe par le bilan des institutions. Dans ce cas les agents obtiennent leur financement en s’adressant aux institutions financières.

II- Mutations et structure du système financier

L’importance relative de la finance directe et de la finance intermédiée est une caractéristique majeure des systèmes financiers contemporains. Ceci repose sur la rupture structurelle introduite depuis les années 70-80 dans l’économie mondiale par la création de ce que l’économiste François Chesnais nommait « un nouveau régime d’accumulation financière » qui constitue un des piliers de la nouvelle phase historique de la mondialisation contemporaine .

En effet dans les années 80, les facteurs conjoncturels (comme la hausse des taux d’intérêts réels qui augmentent la rentabilité des placements sur le marché financier, ou la hausse du besoin de financement public que l’Etat a cherché à satisfaire par émission de titres) et les facteurs structurels ( modernisation du cadre réglementaire des marchés financiers, innovation financière etc.…), ont favorisé une forte croissance du marché des capitaux.

La part des titres financiers négociables et rémunérés au taux de marché, dans le portefeuille des agents non financiers a augmenté au détriment de leur avoir liquide bancaire. La mesure de cette caractéristique est complexe du fait que la distinction entre placement direct et placement intermédié n’est pas toujours évidente (l’achat d’une action en bourse nécessite de passer par un intermédiaire). La figure suivante donne une mesure en termes de stocks de l’ensemble des financements des agents non financiers pour les Etats unis, la zone euro et le Japon.

Répartition des actifs financiers entre actifs intermédiés, « bulletin mensuel de la banque centrale européenne, octobre 2003, www.banque-france.fr/fr/eurosys/europe/bce/2.htm »

On remarque que les flux de financement intermédié sont plus importants que les flux de financement direct, bien que ceci cache une information importante en ce qui concerne la répartition des créances et des dettes des acteurs, selon qu’elles soient intermédiées ou non intermédiées. Dans la zone euro par exemple les ménages détiennent des actifs intermédiés (surtout leurs dépôts en banques) beaucoup plus que les entreprises et les collectivités publiques. Du coté des dettes, les ménages, qui ne peuvent émettre des titres, n’ont que des dettes intermédiées (en particulier les crédits hypothécaires) tandis que les entreprises et les Etats ont principalement des dettes non intermédiées ce qui veut dire que leurs dettes obligataires dépassent leurs dettes bancaires.

La crise financière et les défaillances réglementaires
Mémoire de fin d’études niveau licence
FACULTE DES SCIENCES JURIDIQUES ECONOMIQUES ET SOCIALES

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ARMAND COLIN « images économiques du monde 2009 »