L’impact des TIC sur le tissu productif des biens et services

By 4 February 2011

“…aperçu général sur les TIC et s’attardant particulièrement sur le cas du Maroc. Dans cette partie, le secteur des TIC pour certains pays étrangers sera également présenté pour des fins de comparaison internationale.Une deuxième partie qui dans un premier temps met en exergue l’impact des TIC sur la croissance économique…”

Haut Commissariat au Plan
Institut National de Statistique et d’Economie Appliquee

Option : Statistique

Projet de Fin d’Etudes:
 TIC au Maroc
Impact des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC)
sur le tissu productif des biens et services au Maroc

Préparé par :
M. NGASSI-NGAKEGNI Ghynel  &  M. SAKANDE Souleymane

Sous la direction de:
M. Abdessalam FAZOUANE (INSEA)   &   M. Abdallah BERRADA (EDESA)

Soutenu publiquement comme exigence partielle en vue de l’obtention du Diplôme d’Ingénieur d’Etat.

Devant le jury composé de :

  • M .Abdessalam FAZOUANE (INSEA)
  • M .Faissal GUEDIRA (INSEA)
  • M. Abdallah BERRADA (EDESA)

Juin 2010.

SOMMAIRE :
# Introduction générale:

# Partie I : Approche théorique.
* Chap. I : Contexte général : Les TIC ! De quoi s’agit-il ?
o I. Nature et définition des TIC
o II. Historique des TIC
o II.1. Développement des ordinateurs
o II .2.Développement des logiciels
o II.3 Réseaux et télécommunications
o II.4 Technologies audiovisuelles
o III. Caractéristiques des TIC
o IV. Les différents types des TIC
o V. Rapport des TIC avec d’autres domaines
o V.1. Les TIC et le politique
o V.2.Les TIC et la Santé
o V.3.Les TIC et l’environnement
o V.4.Les TIC et l’éducation
o VI. Effet des TIC sur la croissance économique
o VI.1. Les effets multiplicateurs
o VI.2. L’effet déflateur
o VI.3. L’effet de substitution du capital au travail
o VI.4. L’effet qualité
o VI.5. L’effet productivité globale des facteurs

* Chap. II : Benchmarking
o I. Présentation des outils de Benchmarking
o II .Les TIC dans le Monde
o III. Les TIC dans les pays Arabes
o IV. Les TIC en Afrique subsaharienne
o V .Synthèse des rapports sur le classement des pays en de matière de TIC
o V.I. Selon le rapport du FEM
o V.2. Selon le rapport de l’UIT:

* Chap. III : les TIC au Maroc
o I. Aperçu historique des TIC et action des pouvoirs publics en faveur du développement des TIC au Maroc
o II. Etat de lieux des TIC au Maroc
o II.1. Régulation et réglementation
o II.2. Opérateurs téléphoniques
o II.3. Services offerts par les principaux opérateurs
o II.4. Le secteur offshore
o III .Utilisation des TIC au Maroc : quels impacts ?
o III.1. Impacts dans les entreprises
o III.2. Impact dans l’administration publique
o III.3. Impact dans l’enseignement et l’éducation
o III.4. Impact sur les ménages
o Conclusion

# Partie II : Modélisation
* Chap. I : Etude empirique de l’impact du secteur TIC sur la croissance économique : Modèle de régression linéaire multiple.
o I. Présentation théorique du modèle
o I.1. Diagramme de dispersion
o I.2. Estimation des paramètres
o I.3. Validation du modèle
o II. Mise en pratique du modèle
o II.1. Les variables d’analyse
o II.2. Formulation du modèle
o II.3. Présentation du diagramme de dispersion

# Le graphique présentant les diagrammes de dispersion des variables deux à deux, laisse entrevoir l’existence d’une relation linéaire entre le Ln_PIB et les autres variables : Ln_KTIC, LnKHTIC et Ln_L.
# Ces résultats suggèrent un modèle de régression linéaire multiple expliquant le PIB en fonctions des trois variables explicatives.

* II.4. Estimation des paramètres du modèle
* II.5. Validation du modèle
* II.6. Présentation des résultats et interprétations : contribution des TIC à la croissance Economique.

* Chap. II: Etude empirique de l’impact des autres secteurs sur le secteur TIC : Modèle Vectoriel à Correction d’Erreur (VECM).
o I. Aspect théorique du Modèle à Correction d’erreur
o I.1. Niveau d’intégration d’une série
o I.2. Modèle autorégressif vectoriel (VAR) et Modèle à correction d’erreur (MCE)
o I.3. L’approche de JOHANSEN de la cointégration
o I.4. Cas d’une seule variable explicative, modèle à correction d’erreur (MCE)
o I.5. Synthèse de la procédure de test de cointégration et d’estimation du MCE
o II. Application du modèle à correction d’erreur
o II.1. Test de DICKEY-FULLER Augmenté(ADF)
o II.2. Formulation du modèle
o II.3. L’estimation par la méthode de Johansen
o Recommandations

* Chap. III : Utilisation d’un modèle de séries temporelles pour des prévisions : méthode de Box and Jenkins
o I. Présentation théorique du Modèle
o I.1. Analyse des Séries Chronologiques
o  I.3. Processus non statationnaires : ARIMA et SARIMA
o  I.4. Méthodologie de Box and Jenkins
o  II. Mise en oeuvre de la méthodologie de Box and Jenkins pour des prévisions à l’horizon 2020
o        Conclusion

# Conclusion générale
# Bibliographie

# Annexes
* Annexe I : Modélisation du nombre d’ordinateurs personnels pour 100 habitants
* Annexe II : Estimation du modèle vectoriel à correction d’erreur (VECM)

* Test de Dickey Fuller
* Figure 30 : Stratégie du test ADF.

RESUME
Dans de nombreux débats et analyses, les technologies de l’information et de la communication (TIC) sont présentées comme un vecteur de plus en plus important de la croissance économique. Le cas de l’économie américaine, où la croissance soutenue des années récentes coïncide avec une diffusion accélérée des TIC, est souvent donné comme l’exemple premier.

Ces technologies de l’information et de la communication (TIC) sont à l’origine de grandes innovations dans tous les secteurs d’activité à travers le monde entier.

« Les changements spectaculaires intervenus quant à l’importance et la portée des moyens techniques d’information ont été le fait marquant des années 90 et continuent de l’être » (Isaacs, 2 Broekman & Mogale, 2005 : 1).

De ce fait les TIC marquent un impact considérable dans tous les secteurs au niveau mondial en général et du Maroc en particulier.

En effet, vu l’embellie qu’a connue le Maroc et la place prépondérante qu’il occupe toujours dans le secteur des TIC1(*), ce dernier pourrait contribuer largement à l’amélioration de certains indicateurs du pays, en l’occurrence l’Indice du développement humain (IDH).Dans cette perspective, l’intégration d’un nouvel indicateur sur les TIC aux trois autres indicateurs2(*) de l’IDH pourrait hisser le rang du Maroc dans le classement du PNUD.

C’est dans cette optique que le présent travail a pour objet de mettre en évidence l’impact et l’importance du secteur des TIC dans le développement économique et social du pays.

Ainsi avons-nous d’une part construit un premier modèle économétrique qui a permis l’évaluation de l’impact du secteur des TIC sur la croissance économique au Maroc et d’autre part un deuxième modèle économétrique qui a mis en évidence les variables socio-économiques et démographiques ayant une influence sur l’accès des TIC par la population marocaine. Nous nous sommes également appesantis sur des prévisions de l’évolution des TIC que nous avons réalisées jusqu’à l’horizon 2020 à travers la méthode de Box and Jenkins.

Les résultats obtenus à partir des données annuelles de 1980 à 2008 montrent que le premier modèle est globalement significatif. Dans la suite du travail, partant de l’hypothèse selon laquelle, il existerait une relation entre l‘évolution des TIC et certaines variables socio-économiques et démographiques ; nous avons pu mettre en évidence ce lien à travers un modèle vectoriel à correction d’erreur (VECM) dont notre variable endogène a été un indicateur de l’évolution des TIC qui est le nombre de lignes téléphoniques pour 100 habitants. Ce modèle, quoique moins satisfaisant fait état d’existence de relation à court terme entre certaines variables et d’une autre de long terme entre d’autres variables. Enfin, avec l’idée selon laquelle, les TIC connaissent une expansion prodigieuse, nous avons pu constater cela à travers chacun des modèles de prévisions valides pour chacun des deux indicateurs des TIC à savoir le nombre de lignes téléphoniques pour 100 habitants et le nombre d’ordinateurs personnels pour 100 habitants.

De façon globale, les résultats obtenus dans ce travail ont été plus ou moins satisfaisants et il convient de signaler que des problèmes liés aux données utilisées étaient en partie la cause de l’obtention de certains résultats non attendus.

MOTS CLES : TIC, Modèle Vectoriel à Correction d’Erreur, Stationnarité, Cointégration, Croissance Economique.

Liste des abréviations
ACF : Autocorrelation Function
ADF : Dikey-Fuller Augmenté.
ADSL: Asymmetric Digital Subscriber Line.
AIC: Akaike Information Criterion.
ANRT : Agence Nationale de Régulations des Télécommunications.
APEBI : Association des Professionnels de Technologies de l”Information.
AR : Auto Régressif.
ARPA: Advanced Research Projects Agency.
ARPAnet  : Advanced Research Projects Agency network.
ATP : Africa Telecom People.
BM : Banque Mondiale.
BVC : Bourse des Valeurs de Casablanca.
CDG : Caisse de Dépôt et de Gestion.
CDMA: Code division Multiple Access.
CERI : Centre pour la Recherche et l’Innovation dans l’Enseignement.
CSTI : Comité Stratégique des Technologies de l’Information.
DCN : Direction de la Comptabilité Nationale.
DF : Dickey-Fuller.
DOI : Digital Opportunity Index.
DS : Differency Stationnary.
EAU : Émirats Arabes Unis.
EIU : Economist Intelligence Unit.
FAI : Fournisseur d’Accès à Internet.
FEM : Forum Economique Mondial
GCC : Conseil de Coopération du Golfe.
GITR : Global Information Technology Report.
GPS: Global Positioning System.
GSM: Global System for Mobile Communications.
HTML: Hypertext Markup Language.
HTTP: HyperText Transfer Protocol.
IAM : Itissalat Al-Maghreb.
IBM: International Business Machines.
IDH : Indice du Développement Humain.
IEA : International Energy Agency.
INSEAD : Institut Européen d’Administration des Affaires.
IP : Internet Protocol.
KEI : Knowledge Economy Index.
KI : Knowledge Index.
LMS : Learning Management System.
MA : Moving Average : Moyenne Mobile.
MAD : Dirham marocain.
MCE: Modèle à Correction d’Erreur.
MCO : Moindres Carrés Ordinaires.
MMS : Multimédia Messaging Service.
MPLS : Multi-Protocol Label Switching.
MSN : Main Serial Number : Numéro de série principal.
MVNO: Mobile Virtual Network Operator.
NCSA : National Center for Supercomputing Applications.
NREN: National Research and Education Network.
NRI : Networked Readiness Index
NTIC : Nouvelles technologies de l’information et de la communication.
OCDE : Organisation de Coopération et de Développement Economiques.ONA : Omnium Nord Africain.
ONE: Office National de l’Electricité.
ONPT : Office National des Postes et Télécommunications.
ONU : Organisation des Nations Unies.
PACF : Partial Autocorrelation Function.
PIB : Produit Intérieur Brut.
PME : Petites et Moyennes Entreprises.
PNB : Produit National Brut.
PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement.
PPA : Parité Pouvoir d’Achat.
PVD : Pays en Voie de Développement.
RSSI : Responsable de la Sécurité du Système d’Information.
SAGE : Semi-Automatic Ground Environment.
AIC : Akaike Information Criterion.
SEPTTI : Secrétariat d’État auprès du Premier Ministre chargé de la Poste, des Télécommunications et des Technologies de l’Information.
SFR : Société Française du Radiotéléphone.
SGBD : Systèmes de Gestion de Bases de Données.
SITES: Second Information Technology in Education Study.
SMS : Short Message Service.
SOTELMA : Société des Télécommunications du Mali.
SPSS: Statistical Package for the Social Sciences.
SQL : Structured Query Language.
TIC : Technologies de l’information et de la communication.
UIT : Union Internationale des Télécommunications.
UNESCO : Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture.
URSS : Union des Républiques Socialistes Soviétiques.
VA : Valeur Ajoutée.
VAR: Vector Autoregressif.
VECM : Vector Error Correction Model.
VIF : Variance Inflation Factor.
WWW: World Wide Web.

Introduction générale:

De nos jours, les technologies de l’information et de la communication (TIC) revêtent une importance primordiale au sein de la société et de ce fait, doivent être considérées comme un secteur stratégique contribuant dans une large mesure au développement économique et social.

Ces technologies qui permettent d’offrir des services aussi performants que diversifiés, ont largement contribué à la mondialisation de l’économie et à l’internationalisation des échanges.

Les effets macro-économiques de ces TIC, notamment sur la productivité et le rythme de croissance ont suscité un large débat en sciences économiques durant la dernière décennie, comme en témoignent les prises de position sur le paradoxe de la productivité3(*),mais une position des économistes consiste à affirmer sur la base de constations établies aux Etats-Unis et dans certains pays de l’OCDE (Australie, Nouvelle-Zélande, Canada), que les TIC jouent un rôle majeur dans l’accélération du potentiel des croissances économiques des pays (Boudson, 2002 ; Jorgensen et Stiroh ,2001 ; Jorgensen, 2001 ; Colecchia et Schyerer ,2001 ; Gordon, 2002 ; Petit, 2003 etc.).

C’est dans l’objectif de mettre en évidence l’impact de ce secteur et son importance dans le développement économique et social du Maroc que notre travail a été réalisé. La présente réflexion est donc articulée comme suit :

Une première partie présentant un aperçu général sur les TIC et s’attardant particulièrement sur le cas du Maroc. Dans cette partie, le secteur des TIC pour certains pays étrangers sera également présenté pour des fins de comparaison internationale.

Une deuxième partie qui dans un premier temps met en exergue l’impact des TIC sur la croissance économique à travers une modélisation économétrique de la fonction Cobb-Douglass, puis dans un second temps met en évidence les variables socio-économiques et démographiques influant sur l’accès aux TIC à la population marocaine et enfin un modèle de prévisions de l’évolution du secteur des TIC jusqu’en 2020.

Sommaire du mémoire :

  1. Les TIC ! De quoi s’agit-il ? Nature et définition des TIC
  2. L’historique, les caractéristiques et les types des TIC
  3. Rapport des TIC avec l’éducation, la Santé et l’environnement
  4. Les effets des TIC sur la croissance économique
  5. Outils d’évaluation pour mesurer la société de l’information
  6. Les TIC dans le Monde, les pays Arabes et en Afrique subsaharienne
  7. Synthèse des rapports sur le classement des pays en matière de TIC
  8. Aperçu historique des TIC au Maroc
  9. Situation des TIC au Maroc : Numeric 2013, E-Learning et E-Gov
  10. Utilisation des TIC au Maroc : quels impacts?
  11. Modélisation: l’impact du secteur TIC sur la croissance économique

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* 1 D’après le rapport 2008-2009 du Forum économique mondial(FEM), le Maroc se positionne au 86ème rang parmi les 134 pays, en perdant 12 rangs par rapport au classement précédent. Comparé à de nombreux pays émergents, le Maroc est devancé par la Tunisie (38ème), le Chili (39ème), la Chine (46ème), l’Inde (54ème), la Turquie (61ème), le Mexique (67ème) et l’Egypte (76ème). Il est, par contre, mieux positionné que certains pays tels que l’Argentine (87ème) et l’Algérie (108ème).

* 2 Les trois indicateurs utilisés actuellement par le PNUD sont : l’espérance de vie à la naissance, le niveau d’instruction et le PIB réel par habitant.

* 3 Le paradoxe de la productivité concerne la non-manifestation des gains de productivité au sein des économies modernes, alors que même l’adoption des ordinateurs n’a cessé d’augmenter (Solow, 1987).Diverses interprétations ont été suggérées pour l’expliquer. Pour certains ce paradoxe est lié à l’incapacité du système statistique pour le cerner (Mairesse, 2003).Des lors que des efforts substantiels ont été fait, des gains de productivité ont pu être observés, notamment aux Etats-Unis. Pour d’autres auteurs, le paradoxe de la productivité est à la non-adoption d’innovations complémentaires (Askenazy et Gianella, 2000 ; Greenan, L’horty et Mairesse, 2002).Dès lors que les firmes américaines ont modifié leurs pratique organisationnelles, on a observé des gains de productivité importants. D’autres encore affirment l’existence d’effets de seuil : il est nécessaire d’accumuler du capital jusqu’à un certain seuil avant que les effets macro-économiques ne se manifestent. Pour un auteur comme Boyer(2002), l’accélération de la productivité, après une phase longue de ralentissement, prend son origine dans les années 80.Ceci confirme la thèse de l’absence de lien direct et synchrone entre TIC et accroissement de la productivité.