La notion de contrôle de gestion: Définition & Confusions

By 19 January 2011

Le concept et la portée du contrôle de gestion – Chapitre I :

L’histoire des organisations trouve un écho dans l’émergence de phénomènes de gestion.

Ainsi, il est possible d’identifier plusieurs étapes dans l’histoire des organisations et du management, nous retiendrons notamment l’Antiquité avec les modèles organisationnels égyptien et babylonien, le Moyen Age, la période moderne avec les modèles vénitien, français puis anglo-saxon. En parallèle, nous pouvons observer que la comptabilité apparaît chez les Egyptiens, puis est complétée par les marchands vénitiens dès la Renaissance avec la double écriture des opérations, et plus tard est sophistiquée par les notions de comptabilité analytique et de contrôle aux Etats-Unis principalement.

Section 1 : La notion de contrôle de gestion

Les projets d’amélioration de la gestion publique ont pour but d’offrir au citoyen un service public de la meilleure qualité possible au meilleur coût. Ce nouveau mode de management (prévoir, mesurer, réagir), qui est couramment utilisé en entreprise, peut être adapté aux besoins spécifiques des responsables et décideurs du domaine public. Ce qui a déjà fait ses preuves dans le privé est à transposer dans le public, afin de disposer de méthodes, de démarches et d’outils de pilotage éprouvés des activités ( tels que des tableaux de bord et reporting testés et efficaces).
Le contrôle de gestion permet de se remettre en question, d’acquérir de meilleures   habitudes  et  d’évoluer.  Il  doit   devenir   un  élément   naturel   de  l’activité. C’est une réforme managériale et culturelle.

Le contrôle de gestion est une source de défis pour les gestionnaires de l’administration. Son identité est difficile à cerner, son ancienneté contraste avec la modestie de la place qu’il tient actuellement, ses adages dominants débouchent sur un dilemme difficile à dépasser et «  l’entrepromorphisme » est un danger qui menace ses metteurs en œuvre.
Le contrôle de gestion est chose curieuse. Il se trouve là où ne l’attend pas. Son périmètre semble à géométrie variable. Il fait peur pour de fausses raisons, en sens inverse, il donne quelquefois des espoirs illusoires .

1-1: le contrôle de gestion : une source de confusions.

* Un conception protéiforme

Le contrôle de gestion est protéiforme car il est possible de tout dire et de tout entendre à son sujet. En effet, nous pouvons affirmer que le contrôle de gestion n’a rien en commun avec le contrôle traditionnel, mais nous pouvons également dire qu’il s’agit des deux faces d’une même pratique. Nous pouvons qualifier le contrôle de gestion d’autocontrôle, mais nous pouvons aussi affirmer le contraire. L’évaluation des politiques publiques peut être assimilée au contrôle de gestion, mais il est aussi possible de dire que ces deux actions n’ont rien à voir entre elles. Nous pouvons également indiquer que l’administration pratique le contrôle de gestion, ou au contraire, qu’elle n’en a jamais véritablement mis en œuvre. Nous pouvons avancer une affirmation et son contraire parce qu’il existe des sources de confusion.

* Une confusion sémantique :

Le contrôle de gestion vient de l’expression anglo-saxonne « management contrôle » . Or le terme «  contrôle » n’a pas la même signification qu’en français. Il signifie outre Manche «  ce dont on sait faire preuve tous les jours », comme dans l’expression «  self control ». En revanche, en, français, il a un sens plus inquisiteur et moins aimable. Toutefois, il faut savoir que le deuxième sens du mot, dans l’une et l’autre langue, correspond exactement au sens premier dans l’autre langue.
Le contrôle de gestion renvoie au fait pour les dirigeants d’avoir la maîtrise de l’organisation qu’ils gèrent, notamment par l’orientation des actions de ceux auxquels ils délèguent une autonomie et le soin de diriger le personnel, le contrôle de gestion se manifeste comme un processus permanent organisé pour intervenir avant, pendant et après l’action.

Ce que l’on désigne aujourd’hui par le contrôle de gestion, c’est un ensemble de processus et de dispositifs qui dans les organisations, orientent les actions, les comportements pour les rendre cohérents avec des objectifs à long et moyen termes, et qui s’appuient sur des systèmes d’informations. Leur finalité et d’organiser la performance de l’organisation.

1-2: définition du contrôle de gestion :

C’est à Robert N. Anthony que l’on attribue la conceptualisation de ce processus issu du mouvement de développement économique des entreprises. Pour lui une entreprise est un regroupement de personnes qui travaillent à un ou quelques buts, lucratifs ou non lucratifs. Lorsque les ressources matérielles, financières et énergiques sont combinées au travail humain, l’entreprise est une «entreprise économique »  et le contrôle de gestion constitue un système de gouverne, de coordination et de surveillance visant à assurer l’intégration harmonieuse de l’ensemble des ressources de l’entreprise : « la gouverne, la coordination et la surveillance sont trois dimensions cruciales de l’entreprise, créatrice d’ordre ».

contrôle de gestionSelon la nouvelle définition proposée en 1988, R N Anthony présence le contrôle de gestion comme : «  le processus par lequel les managers influencent d’autres membres de l’organisation pour mettre en œuvre les stratégies de cette organisation ».

Il apparaît ainsi comme un vecteur de régulation des comportements au sein de l’organisation. Celle-ci est entendue comme un ensemble d’acteurs introduisants des relations en partie régulières et prévisibles, cette définition traduit ainsi le souci de rechercher des interactions plus souples, plus réactives et plus informelles à un moment où l’environnement des organisations évolue. Dans ce sens, le contrôle de gestion est appelé à aider les managers à maîtriser l’avenir à travers les comportements et ce, en assurant l’articulation de la stratégie de l’organisation avec l’action quotidienne de tous ceux, managers et non managers, qui contribuent à la réussite et à la pertinence de celle-ci.

Dans cette définition du cadre général du contrôle de gestion, ANTHONY retient trois éléments essentiels : la notion qu’un ou des buts sont décidés, l’idée que ce sont des humains qui mettent en œuvre des activités pour réaliser les buts et, finalement, que pour réaliser des buts, des personnes doivent travailler ensemble. En conséquence, le contrôle de gestion est composé :
1-d’activités non systémiques de planification stratégique visant à définir les orientations.
2-D’activités systémiques de coordination et de surveillance visant pour les diri les dirigeants à décider des activités à mettre en œuvre, à communiquer les stratégies et les taches à accomplir, à assurer la combinaison optimale ( tache à accomplir/personne), à motiver les personnes, à évaluer la performance individuelle et collective et à apporter les actions correctives au besoin.

Le contrôle de gestion s’appuie sur une structure hiérarchisée composé de centres de responsabilités, par laquelle les dirigeants définissent les ressources affectées à chacun et les performances anticipées . Et sur un système d’information centralisé et unifié qui seconde les dirigeants dans leurs fonctions de gouvernance, de coordination et de surveillance. Le système assure la déclinaison des objectifs stratégiques, la modélisation du fonctionnement de l’organisation et la représentation de l’organisation.

On peut compléter la définition précédente en avançant que le contrôle de gestion est l’ensemble des actions , attitudes, procédures et outils utilisés par les dirigeants de l’organisation pour choisir des objectifs à long moyen et court terme et suivre de façon continuer leur exécution .
Dans le même sens Isabey KERVILER et Loic Kerviler soutiennent que le contrôle de gestion «  c’est l’ensemble des moyens mis en œuvre par l’entreprise afin d’aider les responsables opérationnels à maîtriser leur gestion pour atteindre les objectifs ciblés ».  De la sorte, les deux auteurs insistent sur la vocation d’aide et de maîtrise de gestion qui caractérise le contrôle de gestion.

La définition propossée par le plan comptable Français de 1982, reste l’une des contributions qui mérite notre intérêt puisqu’elle tranche le plus avec les travaux récents élaborés dans le domaine du contrôle de gestion. Ainsi aux termes de cette définition «  le contrôle de gestion est l’ensemble des dispositions prises pour fournir aux dirigeants et aux divers responsables des données chiffrées périodiques caractérisant la marche de l’entreprise. Leur comparaison avec des données passées ou prévues peut, le cas échéant , inciter les dirigeants à déclencher rapidement les mesures correctives appropriées ».

Cette définition qui met beaucoup davantage l’accent sur les outils de contrôle de gestion n’exclut pas les apports des autres définitions, mais bien au contraire, elles les complètent .
Le contrôle de gestion peut aussi être défini comme étant le pilotage de la performance d’une organisation . C’est choisir ses actions en anticipant leur impact sur la performance, c’est en suivre l’avancement pour s’assurer que tout se passe comme prévu, c’est réagir rapidement en cas de dérive constaté, c’est prévoir régulièrement vers quel niveau de performance on se dirige pour s’assurer que l’on va atteindre les objectifs poursuivis et prendre à temps les mesures correctrices en cas de difficulté anticipée.

En fin on peut définir de manière succincte de contrôle de gestion dans le service public, comme étant :

L’organisation, les règles et les procédures utilisées pour aider à s’assurer que les programmes publics parviennent aux résultats visés, que ressources utilisées pour réaliser ces programmes coincident avec les buts et objectifs déclarés des organismes concernés, que ces programmes soient protégés contre le gaspillage, la fraude et la mauvaise gestion et que la prise de décision repose sur la collecte, l’archivage le compte rendu et l’utilisation d’information fiables, est que ces opérations s’effectuent en temps voulu.

Première partie : La définition d’un système de contrôle de gestion dans les organisations publiques :

Lire le mémoire complet ==> (Le contrôle de gestion: Dispositif de management pour les organismes publics)
Mémoire pour l’obtention du diplôme du cycle supérieur de L’Ecole Nationale d’Administration
MINISTRE DE LA MODERNISATION DES SECTEURS PUBLICS
__________________________________
– Dictionnaire de management –Edition Larousse  1990.
– Herni Bouquin : les fondements du contrôle de gestion PUF collection «  que sais je ? N° 2892 , ed 1994 p : 37.
-A.Amrani , S Zergoui : le contrôle de gestion communale, REMALD N° Nov déc 2002 , p : 59.
– A.GArmilis, H Arnaud : le contrôle de gestion en action –Ed Liaisons , 1992 p 2.
– L.De Kerviler : le contrôle de gestion à la portée de tous – 2ème Ed. 1994 p 10.
– R. Dmeester : le contrôle de gestion dans le secteur public – Ed EJA 2002- p12.