Analyse macro-organisationnelle du besoin de contrôle de gestion

By 20 January 2011

Le positionnement du contrôle de gestion dans les organismes publics – Chapitre II :

Le contrôle de gestion est un système d’information qui s’est développé dans le secteur privée. Son application au secteur public est en cours, notamment sous l’influence de la contractualisation qui se développe dans l’administration.

Cependant seule l’existence d’un besoin peut assurer l’application durable du contrôle de gestion dans une organisation.
Il est à signaler au début que la présence actuelle du contrôle de gestion dans certaines organisations n’est pas preuve d’un besoin à long terme. Ainsi de nombreuses techniques de gestion ont vu le jour dans diverses organisations, souvent par effet de mode, pour être ensuite abandonnées quelques années plus tard du fait de leur caractère non applicable ou de l’absence d’un besoin réel.

Dans un premier temps, il sera montré à travers une analyse macro organisationnelle ( Section 1) et micro organisationnelle ( section 2), que le contrôle de gestion est un besoin fondamentale pour les organisations publiques, pour présenter par la suite ( section3) les apports de contrôle de gestion pour ces organisations.

Section 1 : Analyse macro-organisationnelle du besoinde contrôle de gestion

Depuis les débuts des années 80 l’environnement du système de la fonction publique s’est modifié, il est devenu de plus en plus incertain, instable et équivoque, les éléments suivants sont apparus :

* La montée du chômage entrainant une vague de protestation contre le secteur public jugé incapable d’absorber les flux des diplômes,
* L’apparition récente des nouvelles technologies de l’information et de la communication (1-1)
* Le développement de la contractualisation et des contrats programmes au sein des organisation publiques (1-2)
* Ces deux derniers points seront développés, car ils ont un effet considérable direct sur l’apparition du contrôle de gestion.

1-1 L’émergence des nouvelles technologies de l’information et de communications dans les organisations publiques :

L’implantation de ces nouvelles technologies dans les organisations publiques entraîne plusieurs  conséquences au niveau de la gestion.

* Les NTIC sont cause de réorganisation : elles entraînent , d’une part, la disposition des services dits d’exploitation et, d’autre part l’émergence de services gérant ces nouvelles technologies.
* Elles obligent à des reconversions de personnel ce qui nécessite la mise en place de formations.
* Elles déclenchent des actions d’information et de promotion nécessaires pour convaincre les professionnels du secteur public d’adopter ces nouvelles technologies. Ces actions obligent les fonctionnaires à aller au devant, elles s’inscrivent dans le cadre de changement de culture .

De plus, à coté de cela, ces NTIC sont utilisées au niveau des organisations afin d’accroitre la communication ainsi, on y assiste de plus en plus au développement de projets d’intranet et de messagerie , tout ceci accompagné de la distribution massive d’ordinateurs pour les cadres.

développement des NTIC dans les organisations publiquesLe développement des NTIC dans les organisations publiques entraîne un déséquilibre entre les besoins et les capacités ( Besoins/Capacités) dans le traitement de l’information, ce déséquilibre provient principalement d’un accroissement des besoins de traitement. Deux solutions s’offrent : réduire les besoins ou accroitre les capacités. Elles ne peuvent agir sur les besoins, car ils proviennent principalement d’une modification de l’environnement qui crée une nouvelle forme de pression. Donc, elles vont accroitre les capacités. Au sein de ces capacités, les organisations publiques ont théoriquement le choix : agir sur les structures ou agir sur les technologies et les systèmes d’information. Elles ne peuvent agir sur les structures . Elles doivent donc sur leurs technologies et les systèmes d’information. Or, les nouvelles technologies qui ont été développé ne satisfont qu’une partie du besoin d’information. Donc elles n’ont d’autre choix que de développer leurs systèmes d’information, notamment ceux qui ont une dominante contrôle : le contrôle interne, la certification et le contrôle de gestion. Ce dernier a sa place et se développera, notamment pour encadrer et contrôler l’accroissement des flux  d’information. De plus, il est parfaitement adapté aux contraintes de l’environnement, notamment de la tutelle (Etat) qui pousse à la mise en place d’une logique de résultat. Le contrôle est un outil adéquat pour une mise en cohérence du système besoin /capacité.

1-2    Le développement de la contractualisation au sein des organisations publiques :

Le processus de contractualisation dans les organisations publiques a pour objectif de responsabiliser les acteurs qui s’engagent sur un objectif à atteindre. Il crée une culture de résultat qui va se substituer petit à la culture bureautique reposant sur une obligation de moyen. Ces conventions fixent des objectifs précis et quantifiés. Elles précisent également le processus d’évaluation des résultats obtenus au regard des objectifs fixés. Cette évaluation est un élément déterminations des conventions ultérieures.

Ces contrats ont le mérite d’inciter les organisations qui ne l’ont pas encore développé, à mettre en place un contrôle de gestion qui permettrait à la direction :
* De mieux connaître les besoins budgétaires à négocier avec la tutelle ( rôle d’information du contrôle de gestion).
* De mieux gérer les ressources pour atteindre , entre  autres , les objectifs fixés dans le cadre des contrats de gestion ( rôle de pilotage du contrôle de gestion ).

Première partie : La définition d’un système de contrôle de gestion dans les organisations publiques

Lire le mémoire complet ==> (Le contrôle de gestion: Dispositif de management pour les organismes publics)
Mémoire pour l’obtention du diplôme du cycle supérieur de L’Ecole Nationale d’Administration
MINISTRE DE LA MODERNISATION DES SECTEURS PUBLICS
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-L.SPANG : la modélisation de l’évolution du contrôle de gestion (thèse de doctorat IAE Nancy II, déc 2002.)