L’évolution de la demande en eau : Irrigation et Débit sanitaire

By 10 September 2010

L’eau dans le bassin versant du Sebou : Etat des lieux – Chapitre I :

III- Evolution de la demande en eau

3-1 L’irrigation

Dans le cadre de la stratégie de développement de l’agriculture, les superficies irriguées sont appelées à augmenter. La superficie irriguée actuellement est passée à 357.000 ha.

Le développement hydro-Agricole engagé comporte :

– La réalisation de la TTI (Troisième tranche d’irrigation) sur 103.000 ha dans la plaine du Gharb,
– L’équipement de la petite et moyenne hydraulique agricole en aval des barrages réalisés et projetés (Bouhouda, Asfalou, Bab ouender, …) sur une superficie de 15000 ha .

Les données sur les surfaces irriguées nécessitent d’apporter quelques précisions .

• Les eaux du Sebou sont transférées pour l’irrigation de 3160 ha dans la zone de lalla Mimouna (ORMVA du loukkos). 2170 ha sont également programmés, soit au total une surface irrigable de 5330 ha.
• L’extension de la grande hydraulique du Gharb se ferait sur des superficies actuellement irriguées en irrigation privée (I.P) dont 44.357 ha irrigués à partir des nappes et 8564 ha irriguées à partir des oueds .
• Le développement futur de dans le bassin n’est pas maîtrisé les surface irriguées actuelles sont importantes (170.000 ha ).
• Durant les dix dernières années (1996/2006), les surfaces irriguées en PMH /IP ont passé de 155.000 ha à 239 000 ha. la surface PMH ne fait que diminuer au profit de la surface IP et ce dans le court ou le moyen terme. Par contre dans le long terme (2020), toutes les surfaces IP et PMH serons diminuées à cause de la surexploitation des eaux des nappes, notamment dans les zones du Sais, le moyen Atlas, le Maamoura ….

La demande en eau d’irrigation à terme (2020) exprimée dans le PDAIRE SBOT, 1992 à été estimée à 3398 Mm3.
Depuis, les circonstances ayant conduit à cette estimation ont beaucoup changé. D’une part la sécheresse observée depuis les années 80 ayant contribué à revoir à la baisse le potentiel des ressources en eau , et d’autre part l’évolution du cadre institutionnel et réglementaire .
Les ressources en eau deviennent de plus en plus limitées, menacées et fragiles, et les conséquences que cette évolution en traîne pour les populations et l’environnement sont de plus en plus préoccupantes.

Dorénavant, la gestion de la demande en eau doit être menée en parallèle de la gestion de l’offre. Autrement dit, l’eau requiert une gestion intégrée mettant l’accent sur les différentes dimensions l’offre /demande, qualité /quantité, eau superficielle /eau souterraine, etc…)

3-2 Eau potable et industrielle

* En milieu urbain

En 2005, le volume d’eau utilisé pour l’alimentation en potable et industrielle s’élevait à 230 Mm3 dont 200Mm3 d’eau souterraine et 30 Mm3 d’eau de surface.

La couverture des besoins en eau potable en milieu urbain est largement satisfaisante par rapport au milieu rural l’accès à l’eau potable avoisine les 100 % dont presque 90 % de branchement particulier. Ces besoins sont couverts essentiellement à partir des eaux souterraines

Tableau3 : Origine de L’AEP des principales Villes du bassin du Sbou.

Origine de L’AEP des principales Villes du bassin du Sbou

Ville Origine de L’AEP
Fès Nappe profonde de Fès –Meknès Sebou
Meknès Nappe profonde de Fès –Meknès
Taza Nappe profonde de Taza Barrage Ban louta
Kénitra Nappes Maamoura et Gharb
Khémisset, Tiflet Barrage El Kensera
Ifrane Nappe de causse Moyen Atlasique
Sidi Kacem Nappe du Gharb
Ouazzane Nappe de Bouagba

Source : Agence de bassin hydraulique du Sebou.

* En milieu rural :

Un effort considérable a été déployé depuis 1995 par les différents intervenants dans ce domaine à savoir la DGH, l’ONEP et les collectivités locales pour l’amélioration de l’alimentation en eau potable de la population rurale. C’est ainsi que le taux d’accès à l’eau potable à passé de 13% en 1995 à 70 % en 2005.
Ce taux varie de 40 % dans le province de Taza à 93 % dans la province de Sefrou.

Les localités desservies jusqu’à présent sont celles situés le long des conduites régionales ONEP où là ou les eaux souterraines existent. Les localités restantes sont situées dans les zones soit à accès difficile soit où les eaux souterraines font défaut cas des zones de Pré-rif et du Rif (provinces de Taounate, Sidi Kacem, Taza kenitra).les futurs projets doivent relever un double défi : celui de généraliser l’accès à l’eau potable dans le milieu rural et celui de promouvoir une gestion durable et rentable des équipements installés.

L’évolution de la demande en eau potable est mieux maîtrisée comparée à celle de l’irrigation. Les précisions de l’étude d’actualisation du PDAIRE Sebou en cours basée sur les résultats du recensement 2004 et des objectifs volontaristes de l’eau des opérateurs concernés sont les suivantes :
Tableau 4 : Rendements objectifs des réseau en eau potable

Rendements objectifs des réseau en eau potable

Population en millions d’hab Besoins Mm3
Année 2004 2025 2004 2025
Urbaine 3.10 4.30 200 2.8
Rurale 3.10 3.72 30 74
Total 6.20 8.02 230 292
Rendement villes global % 2005 2010 2025
Kenitra 77 77 77
Fès 55 67 77
Meknès 63 69 77
Taza 63 71 76

Source : Etude d’actualisation du PDAIRE Sebou en cours
NB : Le bassin du Sebou arbitre plusieurs unités industrielles dont certaines sont accordées au réseau d’eau potable et par conséquent les besoins sont comptabilisés avec ceux de la population.

3-3 l’énergie hydroélectrique :

Les usines hydroélectriques associés aux barrages Idriss 1er, El kensera, Al Wahda et Allal El Fassi disposent d’une puissance installée de 535 Mw.
La valorisation de la ressource mobilisée par ces usines hydroélectrique permet de produire en moyenne près de 814 GWH par an. Cette production permet au pays d’éviter l’importation d’environ 280.000 tonnes de fuel.

Le bassin renforme d’autres usines hydroélectrique de moindre importance situées au fil de l’eau, il s’agit des usines de Ras el Ma ( province de Taza), de Oued Fès aval ( préfecture Fès), Oued Aggay ( province de Sefrou) et Oeud Boufekrane ( préfecture de Meknès).

3-4 Débit sanitaire

Les dotations en débit sanitaire à partir des barrages du Sebou sont de l’ordre de 60 Mm3 par an, notamment à partir du barrage Allal Al Fassi pour diluer les eaux de l’oued Sebou en périodes de forte pollution.
L’ABHS procède également à des lâchers à but sanitaire à partir des retenues des barrages Idriss 1er et Al Wahda pour faire face aux pics de pollution domestique ou industrielle engendrée par les huileries au niveau du moyen Sebou et également les sucreries dans la plaine du Gharb.

Lire le mémoire complet ==> (La gestion de la demande en eau: cas de bassin versant du Sebou)
Mémoire de licence en Science Economique et Gestion
Faculté des Sciences Juridiques – Meknes
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